Dean Parker : itinéraire d'un surfeur américain parti combattre l'EI en Syrie

Photo du surfeur américain Dean Parker, qu\'il a publiée sur Fracebook. Il est parti rejoindre les forces kurdes en Syrie.
Photo du surfeur américain Dean Parker, qu'il a publiée sur Fracebook. Il est parti rejoindre les forces kurdes en Syrie. (FACEBOOK)

L'homme de 49 ans a fait état de son voyage aux côtés des troupes kurdes, qui combattent les jihadistes du groupe Etat islamique. 

Chasseur de vagues, il a voulu devenir combattant. Fin 2014, le surfeur américain Dean Parker est parti en Syrie, non pas pour mener le jihad mais, à l'inverse, pour combattre aux côtés des forces kurdes contre les terroristes de l'Etat islamique. Après 10 semaines passées en Syrie, l'homme de 49 ans a annoncé sur sa page Facebook (en anglais), mardi 6 janvier, son retour en Floride. A moins qu'il ne rejoigne finalement les Peshmergas kurdes, a-t-il confié au site Surfermag (en anglais), mercredi 14 janvier. 

Alors que des Occidentaux font part de leur volonté de partir en Syrie pour y affronter le groupe jihadiste, à l'instar des deux anciens soldats britanniques Jamie Read et James Hughes, francetv info revient sur l'expérience de cet Américain de 49 ans auprès des combattants kurdes. 

"Je savais que je devais y aller"

Interrogé début janvier par le quotidien britannique The Daily Mail (en anglais), le surfeur a expliqué les raisons de son départ, à la fin de l'année 2014. Alors au Costa Rica, il est pris d'une crise de larmes à la vue d'un reportage sur le calvaire des populations yézidis, une minorité religieuse kurde, prises au piège des montagnes irakiennes, encerclées par les jihadistes de l'Etat islamique. "Cela ne m'était jamais arrivé, mais c'est ainsi. Il fallait que j'y aille."

Sur Facebook, il a documenté son voyage. Son passage par la Turquie avec les Lions de Rojava, un groupe de volontaires, son arrivée en Syrie, puis en Irak, son entraînement aux côtés des forces kurdes. "Les Kurdes sont des gens incroyables. Etre avec eux est une bénédiction", relate-t-il, se faisant l'écho de leurs progrès sur le terrain. 

Il rapporte les propos d'un combattant kurde : "Si l'EI devait attaquer, je peux t'assurer que tu te battras. Mais ils ne le feront pas. Parce qu'on est en train de les pulvériser". 

"Restez en sécurité chez vous"

En dépit de son expérience, il n'appelle pas les Occidentaux à effectuer le même voyage que lui. Sur Facebook, il explique que si la contribution de combattants étrangers est "très importante pour le moral" des troupes, ils ne sont pas essentiels pour le moment : "un, dix ou 20 combattants ne feront pas la différence maintenant", a-t-il indiqué, conseillant aux Occidentaux de "[rester] en sécurité chez vous."  Lui n'a jamais combattu, écrit-il, ajoutant que les Kurdes ont refusé de l'envoyer sur le front : "[Ils] ont dit : la guerre est terrible. Vous pensez que vous voulez y aller, mais ce n'est pas le cas. Personne n'a besoin de voir cela. Nous n'avons pas d'autres choix que de nous défendre. Vous [les Occidentaux], oui."

A la place, il invite ces derniers à envoyer de l'argent : "Ils ont besoin de soutiens financiers. Si vous ne pouvez pas donner plus, donnez 10 dollars."

Refusant d'être qualifié de héros, le surfeur attribue toutefois ce titre à un autre Américain parti combattre avec les Unités de protection du peuple kurde, un ancien GI et membre des Lions de Rojava. "Jordan Matson a failli être tué ici. Lui, c'est un héros. Les jeunes fraîchement sortis de l'académie [militaire] qui viennent se battre sont les héros. Les héros sont les combattants blessés à Kobani avec lesquels j'ai passé la semaine dernière", a-t-il lancé. 

Vous êtes à nouveau en ligne