Bombardements "terrifiants" à Homs, la journaliste française toujours bloquée

Photo du quartier de Baba Amr bombardé à Homs (Syrie), publiée par l\'opposition le 21 février 2012.
Photo du quartier de Baba Amr bombardé à Homs (Syrie), publiée par l'opposition le 21 février 2012. (LCC SYRIA / AFP)

La ville subit son vingtième jour de pilonnage intensif, alors que la communauté internationale cherche à instaurer une trêve en vue d'acheminer une aide humanitaire d'urgence.

Homs toujours sous les bombes. Des explosions "terrifiantes" et "effroyables" retentissent dans la ville syrienne jeudi 23 février, pour la vingtième journée consécutive. Selon une ONG et des militants de l'opposition au régime de Bachar Al-Assad, les communications sont totalement coupées. La journaliste française blessée mercredi est toujours bloquée dans la ville.

• Le "dernier cri de détresse" des rebelles de Baba Amr

Fief des opposants, le quartier de Baba Amr est bombardé depuis 6 heures du matin (heure française), selon Rami Abdel Rahmane, chef de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "On entend des explosions terrifiantes, effroyables", rapporte Hadi Abdallah, un militant local de la Commission générale de la révolution syrienne.

"Aujourd'hui, nous n'arrivons pas à joindre une dizaine de militants, ni via Skype [téléphone par internet], ni via Thuraya [téléphone satellitaire]", précise-t-il. Les informations leur parviennent via les habitants des quartiers limitrophes. Sur place, Omar Chaker, un militant, lance "un dernier cri de détresse" : "Les gens, s'ils ne sont pas tués par les bombardements, vont mourir de faim et de soif." La communauté internationale cherche par ailleurs à instaurer une trêve, en vue d'acheminer une aide humanitaire d'urgence, notamment vers Baba Amr, où les quelques milliers d'habitants bloqués font face une situation de plus en plus difficile.

• La journaliste française blessée toujours bloquée à Homs

Blessée mercredi dans le bombardement qui a causé la mort de deux reporters occidentaux, la journaliste du Figaro Edith Bouvier se trouve toujours dans la ville syrienne. Un responsable du journal a indiqué qu'elle souffrirait de fractures nécessitant une intervention chirurgicale. Elle a été localisée mercredi après-midi, mais aucun contact n'a pu être établi pour le moment.

De son côté, Reporters sans frontières tentait jeudi matin de joindre ses contacts à Homs. "Comme les bombardements sont particulièrement intenses, personne ne peut monter sur les toits pour utiliser les téléphones satellitaires", explique un porte-parole. Les services du ministère des Affaires étrangères et la Croix-Rouge tentent d'organiser l'évacuation de la jeune femme.

• La Syrie nie être responsable de la mort des journalistes

Jeudi matin, les circonstances de la mort de l'Américaine Marie Colvin, grand reporter du Sunday Times, et le Français Rémi Ochlik, photographe à l'agence IP3 Press, se précisaient. Ils ont été tués dans le bombardement d'une maison transformée en centre de presse pour les militants. "Nous sommes sûrs que le centre a été visé, car il y a 11 obus qui sont tombés sur et autour du bâtiment. Les forces du régime ont capté un signal de transmission", indique Hadi Abdallah. Mercredi, le chef de l'OSDH affirmait que "des avions de reconnaissance planent tout le temps au-dessus de Homs" et qu'"ils ont probablement capté des signaux indiquant des communications par satellite" avant de viser le centre.

De son côté, le régime syrien a rejeté toute responsabilité. "Nous refusons les déclarations qui font endosser à la Syrie la responsabilité de la mort de journalistes qui se sont infiltrés sur son territoire sous leur propre responsabilité", a annoncé le ministère des Affaires étrangères, cité par la télévision d'Etat. Aucun des militants interrogés n'est en mesure d'indiquer où se trouvent les corps des journalistes. "On ne peut pas confirmer s'ils ont été retirés de Baba Amr", indique Hadi Abdallah. 

• L'ONU nomme des responsables soupçonnés de "crimes contre l'humanité"

L'ONU a rendu jeudi 23 février son deuxième rapport sur la situation des droits de l'Homme en Syrie. Depuis novembre 2011, date du premier rapport dans lequel elle avait accusé le régime de crimes contre l'humanité, les preuves rassemblées prouvent que rien n'a changé.

Le même jour, la commission d'enquête de l'ONU a par ailleurs déposé auprès du Haut commissariat Nations unies aux droits de l'Homme une enveloppe scellée contenant les noms de hauts responsables politiques et militaires soupçonnés de "crimes contre l'humanité". Ils ont également identifié des "abus des droits de l'Homme" commis par des groupes de l'Armée syrienne libre. Le bilan des violences en Syrie s'élève désormais, selon les militants, à 7 600 morts, en grande majorité des civils.

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