Bombardements en Syrie : une survivante blessée raconte

BRUT

Mayada, une femme syrienne vivant dans la banlieue de Damas, raconte le traumatisme qu’elle a vécu en apprenant la mort de son mari et de sa fille, en janvier 2015.

Damas assiégée, Damas sous les bombes… La plus grande ville de Syrie n’est évoquée qu’en ces termes ces dernières années. Dans la réalité des habitants, on ne retient que la violence et les larmes. Cette survivante raconte le bombardement des forces du régime syrien qui, un matin, ont détruit sa vie.

"La situation était horrible, on vivait dans la peur"

 Damas, Syrie. La femme de 48 ans ne peut contenir ses larmes en évoquant l’état de la guerre dans son pays. "La situation était horrible, on vivait dans la peur. Le siège…" finit-elle, la voix étranglée.

Tout commence, pour Mayada, par une attaque qu’elle ne pouvait prévoir. "Les avions avaient pour habitude de frapper vers 11h, raconte-t-elle. Ce jour-là, un avion a bombardé à 8h45 du matin." Elle se souvient de l’heure et, malgré elle, d’autres détails : "Un missile dans notre maison et un dans la maison de nos voisins. Deux missiles sont tombés. Notre maison a été complètement détruite…"

Ce jour-là, c’est aussi le jour de la mort de son mari et de sa fille, ainsi que la disparition de son fils.

"Si ton mari avait survécu, il aurait été paralysé…"

"Je suis restée quatre jours inconsciente", explique la civile syrienne. "J’ai demandé : ‘Qu’est-ce qui est arrivé à ma fille ?’ L’infirmière m’a dit : ‘Ta fille est morte…’"

Elle n’était pas au bout de ses peines puisque plus tard le docteur lui demande, solennellement, si elle croit en Dieu, ce à quoi elle répond : "Bien sûr !"

Le docteur, poursuivant son annonce : "Si ton mari avait survécu, il aurait été paralysé. Est-ce que tu veux le bien de ton mari ?" "Bien sûr…" rétorque la femme, les larmes aux yeux. Le docteur lui dit alors : "Qu’il repose en paix."

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