Frappe américaine en Syrie : "Un message simple qui dit que l'Amérique est de retour"

Un missile Tomahawk est tiré depuis le destroyer USS Porter de la marine américaine, en mer Méditerranée, le 7 avril 2017.
Un missile Tomahawk est tiré depuis le destroyer USS Porter de la marine américaine, en mer Méditerranée, le 7 avril 2017. (? REUTERS PHOTOGRAPHER / REUTER / DIGITAL)

Suite aux frappes des Etats-Unis contre la base de Shayrat, en Syrie, le général Vincent Desportes a salué sur franceinfo "un message simple qui dit que l'Amérique est de retour". Mais prévient que "ce genre d'action unilatérale" doit être évité.

Les Etats-Unis ont frappé jeudi 6 avril dans la soirée la base de Shayrat en Syrie, tirant 59 missiles de croisière contre une base aérienne du régime. Une riposte qui intervient deux jours après l'attaque chimique présumée du régime contre le village de Khan Cheikhoun, dans le nord-ouest du pays qui a fait au moins 86 morts dont 27 enfants, que Donald Trump a qualifiée de "honte pour l'humanité".

Dans un message diffusé dans la nuit du jeudi 6 avril au vendredi 7 avril, le président américain a expliqué que la Syrie avait violé les conventions sur l'usage des armes chimiques et appelé les "nations civilisées" à se joindre aux Etats-Unis pour faire cesser le carnage.

Le général Vincent Desportes a salué vendredi sur franceinfo "un message simple qui dit que l'Amérique est de retour", après une image égratignée depuis "le recul de Barack Obama fin août 2013" quand la ligne rouge de l'utilisation d'armes chimiques a été franchie la première fois.

Le retour des Etats-Unis 

"C'est un bon message parce que nous avons besoin de quelqu'un qui représente une puissance capable de réguler un peu le monde", a expliqué Vincent Desportes qui espère maintenant que la "séquence émotion" soit dépassée. "Derrière ça, il faut que les Etats-Unis rebâtissent une politique étrangère solide avec un message clair au monde".

Avec cette décision, les rapports de force vont évoluer sur le dossier syrien a assuré le général Desportes. "Maintenant quand l'Amérique va parler à la Syrie, la Syrie va l'écouter." Les cartes sont également rebattues avec les Russes qui "vont comprendre qu'ils ne sont plus seuls au monde".

Impuissance de l'Onu

La Russie a demandé vendredi matin une réunion en urgence du conseil de sécurité de l'Onu. Si le général Desportes a salué une "action stratégique", qu'il juge "courageuse", il a estimé que "ce genre d'action unilatérale" doit être évité. C'est pourquoi, il appelle à la restauration de "la place de l'Onu". "On voit encore une fois que c'est l'impuissance de l'Onu qui a conduit M. Trump à faire ça."

Vincent Desportes : "Maintenant quand l'Amérique va parler à la Syrie, la Syrie va l'écouter."
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