Attaque chimique en Syrie : une enquête du renseignement français incrimine le régime syrien

Une indication de poison après l\'attaque chimique à Khan Cheikhoune, en Syrie, le 5 avril 2017.
Une indication de poison après l'attaque chimique à Khan Cheikhoune, en Syrie, le 5 avril 2017. (ABDUSSAMED DAGUL / ANADOLU AGENCY / AFP)

Cette attaque dans la ville de Khan Cheikhoune, dans l'ouest du pays, avait fait plus de 80 morts, dont de nombreux enfants.

Damas est responsable de l'attaque chimique du 4 avril contre la ville de Khan Cheikhoune, dans l'ouest de la Syrie, selon le renseignement français. "Le recours au sarin ne fait aucun doute. La responsabilité du régime syrien ne fait pas de doute non plus compte tenu du procédé de fabrication du sarin utilisé", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, mercredi 26 avril. Cette attaque avait fait plus de 80 morts, dont de nombreux enfants.

Un rapport des services de renseignement français effectué sur la base de prélèvements permet d'établir, "de source certaine, que le procédé de fabrication du sarin prélevé est typique de la méthode développée dans les laboratoires syriens. Cette méthode porte la signature du régime et c'est ce qui nous permet d'établir sa responsabilité dans cette attaque", selon le chef de la diplomatie française. De son côté, Bachar Al-Assad, avait déclaré qu'il s'agissait d'"une fabrication à 100%" des Occidentaux.

Des analyses réalisées à partir d'une munition non explosée

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) avait conclu, le 19 avril, que l'utilisation de sarin dans l'attaque de Khan Cheikhoune était "irréfutable". Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Turquie et la France sont parvenus aux mêmes conclusions. Mais Paris, qui a transmis son rapport à ses partenaires, conclut à la responsabilité du régime en s'appuyant sur le mode de fabrication du gaz sarin utilisé, et en le comparant avec des prélèvements d'une attaque de 2013 imputée au régime à Saraqeb (nord-ouest du pays). La France avait récupéré une munition non explosée après cette attaque et en avait analysé le contenu, explique une source diplomatique.

L'attaque perpétrée le 4 avril à Khan Cheikhoune, en zone rebelle, a fait 87 morts, dont 31 enfants, et a entraîné des frappes de représailles américaines le 7 avril sur une base aérienne du régime de Damas.