Rencontre "productive" entre Mitchell et Netanyahu

L\'émissaire américain George Mitchell serre la main du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu
L'émissaire américain George Mitchell serre la main du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (© AFP Dan Balilty)

Les deux hommes se sont rencontrés pour tenter de relancer les négociations de paix stagnantes depuis 2003

Les deux hommes se sont rencontrés pour tenter de relancer les négociations de paix stagnantes depuis 2003Les deux hommes se sont rencontrés pour tenter de relancer les négociations de paix stagnantes depuis 2003

L'émissaire américain pour le Proche-Orient George Mitchell a rencontré mardi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour tenter de le convaincre de geler la colonisation en Cisjordanie.

Si rien de concret n'est sorti de cette rencontre, les deux hommes se félicitent néanmoins de leurs discussions.

"La rencontre a été très productive", a déclaré George Mitchell. "Nous avons fait de bons progrès, nous avons hâte de poursuivre nos discussions pour arriver au point où nous pourrons tous aller de l'avant pour parvenir à une paix globale".

Benjamin Netanyahu a confirmé pour sa part que les deux parties avaient fait "des progrès pour parvenir à un accord qui nous permettra de poursuivre et parachever le processus de paix avec les voisins palestiniens ainsi qu'avec les pays dans toute la région".

Lors de leur rencontre, George Mitchell a réitéré "la vision" globalisante du président américain Barack Obama sur ce dossier, "celle d'une paix globale au Proche-Orient qui inclue la paix entre Israël et les Palestiniens, entre la Syrie et Israël et entre Israël et le Liban, ainsi qu'une normalisation complète des relations entre Israël et tous ses voisins dans la région".

Cette vision relève de ce que l'on appelle la "politique réaliste", qui consiste à n'exclure aucun acteur des négociations et à appréhender un dossier dans son ensemble. C'est l'inverse de la politique menée par l'administration Bush, qui refusait de dialoguer avec les régimes qu'elle considérait comme terroristes et agissait de manière unilatérale.

La rencontre avec Mahmoud Abbas à Ramallah
L'émissaire américain pour le Proche-Orient a appelé lundi les parties en présence à prendre des mesures difficiles. "Chacun doit prendre" ces mesures "dont certaines sont controversées" en vue d'une relance rapide des négociations de paix, a affirmé M.Mitchell après s'être entretenu avec le président Mahmoud Abbas à Ramallah.

De son côté, le négociateur palestinien Saëb Erakat a accusé Israël de n'avoir pas respecté ses engagements prévus par la feuille de route.

Les engagements définis par le dernier plan de paix international, auxquels Israël reste sourds, selon M.Erakat, concernent "le gel de la colonisation, la réouverture des institutions palestiniennes à Jérusalem-est, le démantèlement des colonies sauvages et la libération des prisonniers palestiniens".

"L'administration Obama redouble actuellement d'efforts pour relancer le processus de paix entre Israël et ses voisins arabes. Ainsi, deux autres responsables américains sont attendus la semaine prochaine au Proche-Orient, le secrétaire à la Défense, Robert Gates, et le conseiller de sécurité nationale du président Obama, James Jones.

Les efforts diplomatiques de George Mitchell

Après des visites en Syrie, en Israël et en Egypte, M.Mitchell est revenu lundi après-midi en Israël où il a un entretien avec le président Shimon Peres.

Il en a profité pour affirmer que l'engagement des Etats-Unis envers la sécurité d'Israël était inébranlable, ajoutant que "cette sécurité pouvait être assurée et protégée à travers une paix globale dans la région".

Il a mis en avant la nécessaire réalisation "Pour les pays Arabes...de mesures constructives en vue d'une normalisation des relations avec Israël." Les Palestiniens doivent eux "développer et améliorer (l'état) de leurs forces de sécurité et agir contre l'incitation (anti-israélienne)". Quant à Israël, il doit "rendre possible pour les Palestiniens une meilleure (liberté) de mouvement et la croissance économique (...) et traiter les questions difficiles comme les colonies et les positions militaires".

Au Caire, M.Mitchell avait exhorté les pays arabes à faire des gestes positifs envers Israël afin de créer un "environnement" propice à des négociations de paix générales avec l'Etat hébreu. Outre la paix entre ces différents pays, l'émissaire américain souhaite également "la normalisation totale des relations entre Israël et les pays de la région".

"Nous ne demandons à personne une normalisation complète à ce stade. Nous reconnaissons qu'elle interviendra plus tard dans ce processus", a-t-il ajouté lors de sa rencontre avec le président égyptien Hosni Moubarak, précisant que les Etats-Unis souhaitaient des "mesures significatives de certains pays".

Si l'Egypte et la Jordanie ont signé des traités de paix avec leur voisin israélien, ces deux pays arabes n'ont pas complètement normalisé leurs relations diplomatiques avec l'Etat hébreu. Parmi les autres pays de la région, seul le Qatar a des relations commerciales avec l'Etat hébreu.

Au programme, mardi, de M.Mitchell: une rencontre avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.