Rencontre avec les Pussy Riot à Singapour

(Edgar Su Reuters)

Elles sont libres, elles parlent et c'est sur France Info. Première sortie hors du territoire russe pour les deux membres des Pussy Riot depuis leur libération des camps de travail il y a moins d'un mois : Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina se sont envolées pour Singapour, où le film de leur "prière punk" anti-Poutine était selectionné pour un prix artistique.

Elles n'ont remporté aucun prix mais n'étaient pas venues pour ça. Deux membres des Pussy Riot, Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina, libérées fin décembre grâce à une  amnistie, étaient à Singapour samedi à l'occasion d'une remise de prix ("Prudential Eye Awards") destinés à des artistes asiatiques. Il s'agissait de leur première sortie du territoire russe depuis leurs libération.

Les deux jeunes femmes avaient été selectionnées par le festival pour la fameuse vidéo qui leur a vallu une condamnation, montrant le groupe chanter une "prière punk" contre le président russe Vladimir Poutine dans la cathédrale du Christ Saint-Sauveur à Moscou. 

Pas des "artistes" mais des "activistes politiques"

A Singapour, sous étroite surveillance des organisateurs, les deux jeunes femmes ont malgré tout réussi à fausser compagnie à leur chaperon et à s'entretenir sur leur avenir avec une poignée de journalistes. La correspondante de France Info Carrie Nooten en faisait partie :

La vidéo des Pussy Riot n'a finalement pas été couronnée à Singapour. Mais les deux femmes s'en moquent. "Les gens ont tort quand ils affirment que nous sommes des artistes ", a expliqué Nadejda Tolokonnikova. "N ous sommes des activistes politiques qui traitons de questions de société. C'est la raison qui nous a poussées à venir en Asie pour évoquer notre engagement et trouver des contacts. Le reste n'a aucune importance pour nous ", a-t-elle ajouté.

Engagées pour défendre les droits des prisonniers

Le fer de lance des deux femmes est dorénavant la protection des droits des prisonniers : "Nous avons une organisation qui doit devenir une ONG pour défendre les  droits des prisonniers ", a dit Maria Alekhina. Mois d'un mois après leur libération, et en dépit du danger et des intimidations quoditiennes qu'elles décrivent, elles reprennent le combat : "On a surtout pris notre temps après les fêtes de Noël, nous sommes parties à la campagne pour passer du temps avec nos enfants ", explique  Maria Alekhina.

"Mais maintenant il faut se remettre au travail car personne ne le fera à notre place" (Maria Alekhina) 

Les jeunes femmes indiquent que vendredi prochain à Moscou, la cour suprême va réexaminer leur condamnation, pour violations à la procédure. Mais Nadejda Tolokonnikova est sereine : "Comme c'est juste avant les Jeux Olympiques, nous ne pensons pas que quoique ce soit de sérieux en sortira ". Les jeunes femmes redoutent par contre qu'une fois les JO de Sotchi passés, les choses empirent à nouveau.

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