Référendum en Ukraine : les séparatistes crient (déjà) victoire

(Sergei Karpukhin Reuters)

Les séparatistes prorusses, qui organisent ce dimanche un référendum d'auto-détermination dans l'Est de l'Ukraine, ont annoncé la victoire écrasante du "oui" dimanche soir dans l'une des zones concernées par le vote, ouvrant la voie à l'indépendance de la région de Donetsk, alors que des affrontements ont fait un mort à Krasnoarmeïsk. Mais les Européens, et notamment François Hollande, ont répété ce dimanche que ce référendum était illégitime, et qu'il ne donnerait lieu à aucune conséquence politique.

De 8 heures à minuit, autant faire les choses en grand. C'est ce que se disaient certainement les séparatistes prorusses qui organisaient ce dimanche le référendum d'auto-détermination dans l'Est de l'Ukraine. Alors que les portes des bureaux de vote, ou simplement les urnes placées en pleine rue, devaient se refermer à 22 heures, les électeurs auront finalement eu deux heures de plus pour glisser leur bulletin.

"Soutenez-vous la proclamation d'auto-détermination de la République populaire de Donetsk ?" (question posée par référendum)

Dès la fin de soirée, le chef de la commission électorale mise en place par les séparatistes a annoncé une victoire du "oui" à près de 90 %, dans la région de Donetsk, l'une des deux concernées par le référendum, avec celle de Lougansk.

Ce référendum, sur le plan de la participation, semble d'ores et déjà être un succès, avec 75 % de participation si l'on en croit le chef de la commission électorale improvisée pour l'occasion. Des chiffres à manier avec précaution, mais qui donnent l'ampleur de la mobilisation, évidente dans les régions de Donetsk et de Slaviansk notamment. Cependant, les résultats "officiels" ne seront pas communiqués avant lundi après-midi, au mieux.

Tensions et avertissements

Pour l'instant, il n'y a pas eu, comme cela été craint, d'affrontements notables entre séparatistes et pro-Ukrainiens. Des heurts ont été signalés autour d'un bâtiment de la télévision près de Slaviansk, ville-symbole et fief des séparatistes, et une personne a été tuée à Krasnoarmeïsk, en marge de heurts entre forces gouvernementales et manifestants.

Mais les paroles prononcées font craindre des violences après les résultats du scrutin, qui ne laissent que peu de place au doute. Denis Pouchiline, chef de la "république populaire" autoproclamée de Donetsk a été très clair ce dimanche : l'armée ukrainienne sera considérée comme une force d'occupation si jamais le "oui" devait l'emporter. De son côté, la Russie observe. Mercredi dernier, le président russe Vladimir Poutine avait demandé aux séparatistes de reporter leur référendum ; ils ne l'ont pas écouté. Et, selon le secrétaire américain à la Défense américain Chuck Hagel, les troupes russes sont toujours massées à la frontière ukrainienne.

Condamnations occidentales

Ce scrutin, les séparatistes sont pour l'instant les seuls à le reconnaître. Car du côté de Kiev, mais aussi des chancelleries occidentales, il n'a aucune légitimité. Arrivé dimanche dans le Caucase pour une visite de trois jours, François Hollande a même assuré que ce scrutin était "nul et non avenu ", et que seule l'élection présidentielle du 25 mai prochain avait une valeur légale à ses yeux.

Il a été rejoint par Maja Kocijancic, porte-parole de la chef de la diplomatie de l'Union européenne Catherine Ashton : "Les prétendus référendums étaient illégaux et nous ne reconnaissons pas leurs résultats ". De plus, "leur organisation est contraire aux objectifs de la déclaration conjointe de Genève pour faire baisser la tension ".

La tension est donc encore montée d'un cran, même si la Russie fait davantage profil bas que lors du référendum en Crimée, une région qui a rejoint son giron. Il faudra attendre quelques jours pour savoir si la région de Donetsk, riche zone minière et industrielle, peut faire de même.

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