Référendum en Ukraine : des électeurs de l'Est par milliers

(/Marko Djurica Reuters)

La division de l'Ukraine va-t-elle se poursuivre ? C'est l'enjeu du référendum d'autodétermination organisé ce dimanche par les séparatistes pro-russes qui veulent faire des régions de Donetsk et de Lougansk des Républiques souveraines, premier pas vers une éventuelle sécession. Les Occidentaux qualifient déjà ce référendum d'illégal, ce qu'a rappelé François Hollande ce dimanche. Ce qui n'empêche pas des milliers d'électeurs de faire la queue devant les bureaux de vote de la région.

Le référendum organisé par
les séparatistes pro-russes dans l'Est de l'Ukraine sur l'indépendance des deux
régions qu'ils contrôlent se déroule en ce moment dans la région du Donbass. Et depuis 8h ce dimanche matin, les bureaux de vote ne désemplissent pas.

Certains des tous
premiers votants ont pris la photo souvenir de ce 11 mai 2014. Ce fameux
bulletin de vote du référendum, un bout de papier et cette question écrite en
russe et en ukrainien : "Est-ce que vous reconnaissez l'acte de
souveraineté étatique de la République de Donetsk ?" Oui ou non.

"On veut protéger nos enfants et nos petits-enfants" (habitant de Donetsk)

Depuis le début de la matinée à Donetsk, ville
de l'Est de l'Ukraine devenue l'un des bastions des séparatistes, les
nombreux électeurs de ce référendum sans légalité ne se posent aucune question.
Oui, ce référendum est illégal, c'est vrai, mais à Kiev le gouvernement
provisoire n'est pas plus légitime. Voilà ce que répètent les centaines
d'habitants du Donbass qui font la queue devant les bureaux de vote pour se
faire entendre et pour donner plus d'autonomie à cette région sidérurgique et
houillère.

La plupart sont des personnes âgées, mais il y a aussi des jeunes,
des familles.  Et lorsque l'on discute avec toutes ces personnes qui ont
voté oui à l'acte de souveraineté de la République de Donetsk, beaucoup
expliquent  que ce n'est pas un vote pour se rattacher à la Russie mais
seulement un cri du cœur de cette région russophone qui se sent mal-aimée
depuis longtemps et qui se sent attaquée par ce que beaucoup de ses habitants appellent
les fascistes de Kiev.

C'est le cas d'Alexandre, arrivé dès l'ouverture des portes : "Nous sommes là contre le
fascisme qui est maintenant en Ukraine. On veut protéger nos enfants et nos
petits-enfants. On est venu de l'autre extrémité de la ville pour voter car
près de chez nous il y a des tirs. Ici c'est moins dangereux
",
nous dit-il.

Un "oui" symbolique

Devant l'entrée de l'école numéro 17, une seule personne s'occupe de la sécurité, il s'agit d'un civil, un sympathisant pro-russe en
treillis avec un gilet pare-balles et un casque.

Les 1.200 bureaux de vote de la région vont rester ouverts jusqu'à 22h00. Peu de suspens en ce qui
concerne les résultats qui seront annoncés demain midi. Toutes les personnes
croisées ici ont coché le petit carré "da". Un  "oui" qui n'a aucune valeur légale
mais un "oui" synonyme d'autonomie symbolique pour cette région de plus de sept millions d'habitants.

Par la suite, les leaders séparatistes ont promis des
élections à l'automne prochain pour cette République populaire de Donetsk. Il
sera alors temps de choisir : se rattacher à la Russie, rester en Ukraine ou
devenir un pays indépendant.

En attendant, François Hollande l'a une nouvelle fois rappelé lors de son arrivée dimanche après-midi à Bakou, en Azerbaïdjan, parlant de "vraies fausses consultations " :

"Ce qui vient de se passer (le référendum) n'a aucune conséquence, c'est nul et non avenu [...] La seule élection qui vaudra, c'est celle du 25 mai, le reste n'est qu'un faux semblant".

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