Prothèses PIP : procédures et mesures prises dans le monde

Une femme montre un certificat et un implant mammaire de la marque Poly Implant Prothèse (PIP) à Caracas (Venezuela), le 6 janvier 2012.
Une femme montre un certificat et un implant mammaire de la marque Poly Implant Prothèse (PIP) à Caracas (Venezuela), le 6 janvier 2012. (JUAN BARRETO / AFP)

Alors que les révélations sur les prothèses défecteuses se multiplient en France, FTVi fait le point sur les autres pays les plus concernés par ce scandale.

La société PIP destinait 80 % de sa production à l'export. Un peu partout dans le monde, les porteuses de ces prothèses défectueuses s'inquiètent. Les gouvernements sont obligés de réagir. FTVi fait le point sur les pays les plus concernés et sur les procédures lancées.

• Royaume-Uni

Une enquête sur les risques des prothèses Poly Implant Prothèse (PIP) a été ouverte par les autorités britanniques après que le principal groupe de chirurgie esthétique, Transform, a révélé avoir enregistré un taux de rupture des implants mammaires PIP "sept" fois plus élevé qu'estimé jusqu'à présent.

Un groupe d'experts a également été mandaté par le gouvernement pour se pencher sur les risques de ces prothèses. Il a conclu "qu'il n'y a pas d'élements suffisants pour recommander un retrait général de ces implants mammaires". "Le groupe s'accorde aussi pour dire qu'il n'y a pas de lien avec le cancer", ajoute-t-il. Londres a néanmoins assuré que les femmes opérées dans le secteur public hospitalier pourraient les faire retirer gratuitement si elles le désiraient.

Environ 42 000 femmes portent des implants PIP au Royaume-Uni, selon les estimations de l'agence britannique de surveillance des produits médicaux. Plus de 250 femmes ont décidé de porter plainte contre plusieurs cliniques au Royaume-Uni qui ont procédé à la pose de ces implants.

• L'Allemagne

Les autorités sanitaires allemandes recommandent depuis vendredi 6 janvier un retrait des implants mammaires PIP "à titre préventif"L'Institut fédéral pour les produits médicaux (BfArM), placé sous la tutelle du ministère de la Santé, a pris cette décision après qu'un nombre croissant de médecins et d'hôpitaux se sont manifestés pour signaler des problèmes avec ces implants.

7 500 femmes porteraient un implant de PIP en Allemagne. Dix-neuf cas de prothèses défectueuses ont été répertoriés fin décembre dans le pays.

• L'Italie

Le parquet de Turin a ouvert une enquête contre Jean-Claude Mas, le fondateur de la société française Poly Implant Prothèse (PIP). Selon les médias transalpins, environ 5 000 femmes seraient porteuses de prothèses PIP. Le conseil supérieur de la santé italien a estimé, jeudi 22 décembre, que ces implants présentaient de plus grandes probabilités de rupture ou de réactions inflammatoires, invitant les femmes concernées à en parler avec leur chirurgien.

"Les prothèses de ce type ont été retirées du marché italien le 1er avril 2010 (…) Les femmes portant des implants mammaires PIP sont invitées à discuter de leur cas avec leur chirurgien", poursuit le communiqué de l'organisme sanitaire.

• République tchèque

Les autorités tchèques comptent recommander aux quelque 2000 femmes qui ont reçu des prothèses mammaires PIP en République tchèque de les remplacer.
Elles "envisagent de créer un système de surveillance pour les femmes qui décideront de garder les implants", d'après la télévision. Le principal groupe d'assurances santé en République tchèque, VZP, a fait savoir de son côté qu'il comptait rembourser les frais de remplacement des prothèses des femmes qui les ont reçues à la suite d'un cancer du sein, selon la chaîne.

• Brésil

L'utilisation des prothèses mammaires PIP a été officiellement interdite sur le territoire brésilien le 30 décembre dernier. Une décision symbolique puisque, depuis 2010, l'importation et la commercialisation des implants en silicone de la société varoise ont été interdites au Brésil dès les premiers soupçons. Cette annulation de l'autorisation sanitaire de ces implants va permettre à l'Agence nationale de vigilance sanitaire de saisir les prothèses encore en stock.

25 000 des ces prothèses sont aujourd'hui portées par des Brésiliennes. Pour l'instant, l'Agence ne demande pas le retrait des implants. Elle recommande néanmoins aux porteuses de ces prothèses de consulter leur chirurgien afin de se soumettre à des examens médicaux.

• Argentine

En Argentine, l'importation, la commercialisation et l'utilisation de prothèses PIP ont été interdites en avril 2010. Au total, 13 500 implants ont été importés en Argentine. Depuis, la multiplication des révélations, un groupe de femmes réclame que les cliniques prennent en charge l'opération de remplacement des prothèses.

• Venezuela

Les autorités de Caracas proposent aux femmes qui le désirent le retrait gratuit des implants mammaires PIP, mais leur remplacement n'est pas pris en charge. Par ailleurs, une centaine de Vénézuéliennes ont déposé vendredi 6 janvier une requête devant un tribunal civil de Caracas contre la société PIP et ses distributeurs au Venezuela pour leur faire payer le remboursement de leurs prothèses mammaires.

Au Venezuela, environ 40 000 mammoplasties sont réalisées chaque année, mais aucune estimation du nombre de porteuses d'implants PIP n'a été communiquée.

• L'Australie 

En Australie, l'agence de réglementation des médicaments a indiqué que près de 8 900 implants PIP avaient été posés dans le pays. L'organisme conseille aux patientes qui se sont plaintes d'une rupture de leur prothèse ou de fuites de se faire surveiller médicalement et de consulter leur chirurgien en cas de problème.

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