Un rapport israélien recommande la légalisation des colonies sauvages

Un manifestant palestinien lance des pierres contre les soldats israéliens, à proximité de la colonie de Nabi Saleh, en Cisjordanie, le 6 juillet 2012.
Un manifestant palestinien lance des pierres contre les soldats israéliens, à proximité de la colonie de Nabi Saleh, en Cisjordanie, le 6 juillet 2012. (MOHAMAD TOROKMAN / REUTERS)

Trois juristes, désignés par le Premier ministre, estiment que le gouvernement israélien doit légaliser les colonies sauvages de Cisjordanie.

Trois juristes israéliens recommandent de légaliser les colonies sauvages de Cisjordanie. Fin janvier, ils ont été chargés de rédiger un rapport sur la colonisation sauvage en Cisjordanie par le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Plusieurs médias israéliens ont publié lundi 9 juillet leurs recommandations.

Dans ce rapport de 89 pages, les juristes soulignent que les gouvernements successifs ont agi avec "une totale mauvaise foi en affirmant que ces colonies avaient été construites illégalement tout en encourageant leur construction". Ils estiment donc qu'elles "peuvent être légalisées sans que le gouvernement n'ait à prendre de nouvelle décision, car elles ont été érigées avec son accord et ses encouragements".

Le gouvernement se félicite des conclusions du rapport

Ces juristes nient par ailleurs qu'Israël soit une "puissance militaire occupante" ou que le droit international interdise la création de colonies. Cette position est contraire à celle de la communauté internationale, pour qui les colonies sont toutes illégales, qu'elles aient ou non été approuvées par le gouvernement israélien.

Le ministre de l'Intérieur Elie Yishaï, chef du parti ultra-orthodoxe Shass, s'est félicité de ce document dans un communiqué. "Il était temps d'affirmer que les implantations en Judée-Samarie (Cisjordanie) ne vont pas à l'encontre de la loi, mais vont de pair avec le sionisme et le judaïsme", a estimé Elie Yishaï.

Talia Sasson, une juriste qui a rédigé en 2004 un rapport sur les colonies sauvages à la demande du Premier ministre de l'époque Ariel Sharon, a en revanche critiqué ce document, expliquant qu'il ne tenait pas compte des jugements de la Cour suprême. Dans son propre rapport, elle avait déjà relevé l'appui massif apporté en sous-main par les autorités à la colonisation sauvage et recommandé le démantèlement de la centaine d'implantations sauvages disséminées en Cisjordanie.