Un habitant de Jisr al-Choughour a raconté à l'AFP qu'il avait vu des chars syriens s'affronter entre eux dimanche

Camp de réfugiés syriens en Turquie (12 juin 2011)
Camp de réfugiés syriens en Turquie (12 juin 2011) (AFP / Mustafa Ozer)

Abdullah, un Syrien de 35 ans, se trouvait dimanche dans la ville du nord-ouest, investie par l'armée. Il est entré clandestinement en Turquie pour chercher de la nourriture.Un autre réfugié syrien en Turquie avait déjà fait état dimanche de conflits au sein de l'armée, qui est chargée de réprimer le soulèvement populaire syrien.

Abdullah, un Syrien de 35 ans, se trouvait dimanche dans la ville du nord-ouest, investie par l'armée. Il est entré clandestinement en Turquie pour chercher de la nourriture.

Un autre réfugié syrien en Turquie avait déjà fait état dimanche de conflits au sein de l'armée, qui est chargée de réprimer le soulèvement populaire syrien.

"Les soldats (syriens) sont divisés. Quatre chars ont fait défection et les chars ont commencé à se tirer les uns sur les autres", a expliqué Abdullah à l'AFP. "Quand ils ont commencé à se tirer les uns sur les autres, je me suis enfui. Je ne sais pas s'ils ont détruit des ponts ou pas. Avant ça, personne n'avait tiré sur les ponts, c'est par là que les chars sont passés", ajoute ce témoin de la prise de contrôle par l'armée syrienne de Jisr al-Choughour. La ville de 50.000 habitants est située à une quarantaine de kilomètres de la frontière turque.

Les troupes syriennes "ont d'abord encerclé la ville avec les chars". "Ils ont commencé à tirer depuis l'extérieur, ils ont arrosé avec des mitrailleuses, ils ont utilisé des armes lourdes. Ils sont entrés, ils avaient dit qu'il y avait des hommes armés à l'intérieur, mais en fait il n'y avait personne. La ville était vide", poursuit ce témoin, qui se présente sous le seul prénom d'emprunt d'Abdullah.

"Ils ont brûlé les récoltes avec des munitions incendiaires, ils ont tué les chèvres, les vaches. Dans la ville, les épiceries, les supermarchés ont été pillés, il ne reste plus rien. Les portes sont défoncées", a-t-il témoigné. "Ils ont bombardé la prison, l'ont détruite. Ils ont tiré sur les mosquées, ils ont tiré sur certaines maisons. Les bâtiments publics aussi ont été dévastés: l'état-civil, la poste."

Les habitants qui tentent de fuir sont arrêtés et on ne sait pas ce qu'ils deviennent, a-t-il ajouté.

Dimanche, Ali, 27 ans, avait déclaré dimanche à l'AFP qu'"il y a maintenant une séparation au sein de l'armée". "Un groupe essaie de protéger les gens: ils ont fait sauter deux ponts à Jisr Al-Choughour", avait-il ajouté.

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