Trois questions pour comprendre la polémique "Tel-Aviv sur Seine"

Transats et parasols en bord de Seine, le 8 août 2015, pour l\'opération Paris Plages, qui dure du 20 juillet au 16 août.
Transats et parasols en bord de Seine, le 8 août 2015, pour l'opération Paris Plages, qui dure du 20 juillet au 16 août. (HUGO MATHY / AFP)

Un important dispositif policier est prévu jeudi 13 août pour cet événement controversé de Paris Plages.

Les critiques les plus virulentes n'y changeront rien. La mairie de Paris refuse d'annuler la journée "Tel-Aviv sur Seine" qui se tiendra bien jeudi 13 août à Paris Plages, en partenariat avec la ville israélienne. Francetv info revient en trois questions sur cette polémique.

En quoi consiste cette opération ?

Dans le cadre de l'opération Paris Plages, la ville de Paris accueille parfois des villes balnéaires lointaines. "Après les villes de Polynésie ou celles du Brésil, Paris accueille cette année la ville progressiste de Tel-Aviv", explique la mairie dans un communiqué (PDF). Au programme : "des activités ludiques et gratuites, des foodtrucks aux saveurs méditerranéennes et des concerts".

Le partenariat avec Tel-Aviv, ajoute le communiqué, a été noué en mai dernier, lors d'un déplacement d'Anne Hidalgo dans des villes israéliennes et palestiniennes. La maire de Paris avait, à cette occasion, "annoncé sa volonté de renforcer les échanges entre Paris et les collectivités des deux pays".

Pourquoi fait-elle polémique ?

"Le cynisme de l'organisation d'une telle journée dans le cadre de Paris Plages atteint les sommets de l'indécence", a dénoncé dès samedi la conseillère de Paris Danielle Simonnet. L'élue du Parti de gauche réclame la suppression de cette journée, "tout juste un an après les massacres sur la bande de Gaza et alors que le gouvernement israélien intensifie sa politique de colonisation". Elle rappelle aussi que la guerre de Gaza s'est soldée par plus de 2 000 morts, presque tous du côté palestinien, dont plus de 400 enfants (550 selon l'ONU).

Dans une tribune publiée dans Le Monde, la maire de Paris Anne Hidalgo défend cette invitation. Elle explique que Tel-Aviv "est une ville balnéaire appréciée des noctambules du monde entier". La socialiste juge que "même dans le contexte enlisé et violent du conflit israélo-palestinien, Tel-Aviv reste une ville ouverte à toutes les minorités". Elle estime enfin qu'on "ne saurait rendre une ville ou une population comptable de la politique de son gouvernement".

Sur les réseaux sociaux, Rue 89 note que la polémique s'est amplifiée à partir du 5 août entre opposants à cette journée (qui y voient un soutien à la politique du gouvernement Nétanyahou, à la colonisation et à l'occupation de la Palestine) et partisans de cette invitation (arguant que Tel-Aviv est la plus progressiste des villes israéliennes). Des messages à caractère antisémite ont été relevés sur Twitter, enflammant davantage encore les discussions.

Comment cela va-t-il se passer sur place ?

La journée "Tel-Aviv sur Seine" a néanmoins été maintenue, malgré la polémique. Comme l'indique le site de la mairie de Paris, l'événement se déroulera sur les berges de la Seine entre le pont d'Arcole et le pont Notre-Dame, jeudi 13 août, de 10 heures à 22 heures.

La présentation de la journée \"Tel-Aviv sur Seine\" sur le site de la mairie de Paris.
La présentation de la journée "Tel-Aviv sur Seine" sur le site de la mairie de Paris. (MAIRIE DE PARIS)

Cet événement qui se voulait festif sera encadré par plus de 300 policiers et gendarmes supplémentaires pour en assurer le bon déroulé, indique Le Figaro, lundi 10 août. Toujours selon le quotidien, "en plus des unités des forces mobiles réquisitionnées, un dispositif de fonctionnaires en civil devrait être déployé sur le terrain pour parer à tout débordement, en exfiltrant les éventuels provocateurs". 

En tout état de cause, des organisations de soutien à la cause palestinienne ont indiqué leur volonté de manifester ce jour-là. Selon la mairie de Paris, rapporte L'Obs"les négociations seraient toujours en cours entre la préfecture et CAPJPO-EuroPalestine, qui a officiellement déclaré son intention de manifester en préfecture".

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