Témoignages sur des méthodes israéliennes

Une petite Palestinienne de Gaza réfugiée dans un bâtiment de l\'Onu (2 février 2009) après la destruction de sa maison
Une petite Palestinienne de Gaza réfugiée dans un bâtiment de l'Onu (2 février 2009) après la destruction de sa maison (© AFP/MAHMUD HAMS)

Des témoignages font état de "méthodes inhumaines" utilisées par l'armée israélienne à Gaza

Des témoignages font état de "méthodes inhumaines" utilisées par l'armée israélienne à GazaDes témoignages font état de "méthodes inhumaines" utilisées par l'armée israélienne à Gaza

Sept ONG israéliennes de défense des droits de l'homme ont effectué une démarche auprès des autorités judiciaires et militaires de l'Etat hébreu pour dénoncer "les conditions difficiles, inhumaines et dégradantes dans lesquelles des détenus palestiniens ont été maintenus lors des premiers jours de leur incarcération" pendant la guerre à Gaza.

Mahmoud Ghabayen, 16 ans, attache les mains de son frère Hassan dans le dos à l'aide de fils de fer et lui ordonne de s'agenouiller avant d'aboyer :
-"Et la roquette, et les tunnels ?".
-"Je ne sais pas", bégaie l'adolescent, tremblant.
Frappant le prisonnier, Mahmoud répète avec mépris : "Je ne sais pas, je ne sais pas".

Pour mieux dénoncer ce qu'ils appellent les traitements inhumains de Tsahal, le jeune homme mime devant des journalistes le comportement de l'officier israélien qui l'a interrogé, lui et son frère d'un an son cadet, pendant l'opération "Plomb durci" (27 décembre-18 janvier) dans la bande de Gaza. La scène s'est déroulée, selon les frères Ghabayen, au milieu des gravats de la maison en ruines de leur oncle à Beït Lahiya, une localité du nord de la bande de Gaza d'où partaient des roquettes visant le territoire israélien.

Il s'agit, selon l'agence Reuters, d'un des témoignages recueillis par les ONG israéliennes qui demandent une enquête indépendante.

Selon leur récit, Mahmoud et Hassan ont reçu l'ordre de sortir, nus, le visage contre un mur - Tsahal exige souvent de ses prisonniers qu'ils ôtent tous leurs vêtements à titre de précaution, de crainte qu'ils ne dissimulent des armes ou des ceintures d'explosif. "On nous a battus alors que nous nous tenions contre le mur et on nous a aussi lancé des pierres", raconte Mahmoud.

Contactée à propos de ces accusations, l'armée israélienne a expliqué que les détenus gazaouis étaient soupçonnés d'être "impliqués dans des activités combattantes ou terroristes". "Ces arrestations ont été menées conformément aux procédures très claires ordonnant à nos soldats de, notamment, respecter la dignité et la santé des prisonniers et de s'assurer que leur détention se déroule dans des conditions convenables", dit l'armée israélienne dans un communiqué promettant l'ouverture d'une enquête sur ce cas d'espèce. Les frères Ghabayen affirment avoir été détenus pendant trois jours dans la bande de Gaza avant d'être transférés en Israël. Ils y ont été interrogés pendant cinq jours avant d'être remis en liberté.

Le jeune palestinien dit avoir vu entre 80 et 100 détenus gazaouis dans un centre de détention à Beersheba, dans le sud d'Israël. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Gaza a, ppur sa part, fait état de 115 cas de disparitions de Palestiniens pendant la guerre, qui a duré en tout 22 jours.

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