Rapatriement des jihadistes : la Croix-Rouge appelle les Etats "à assumer leurs responsabilités"

Une femme transporte des jerrycans vides dans le camp géré par les Kurdes d\'Al-Hol, dans le nord-est de la Syrie, le 14 janvier 2020.
Une femme transporte des jerrycans vides dans le camp géré par les Kurdes d'Al-Hol, dans le nord-est de la Syrie, le 14 janvier 2020. (DELIL SOULEIMAN / AFP)

Les retours des membres de l'Etat islamique dans les pays occidentaux, comme l'Autriche, l'Allemagne ou la France, ont lieu au compte-gouttes.

"Quand je vois les conditions des camps où vivent les familles de jihadistes au Proche-Orient, en Syrie ou en Irak, je mesure l'urgence de la situation." Dans un entretien aux journaux suisses Le Matin Dimanche et La Tribune de Genève, dimanche 2 février, le président du Comité international de la Croix-Rouge, Peter Maurer, estime que "les pays doivent assumer leurs responsabilités, trouver des solutions de rapatriement et juger les personnes qui doivent l'être pour les violations qu'elles ont commises".

Le président du Comité international de la Croix-Rouge fait remarquer que "souvent ces mêmes pays ont été les premiers à parler de responsabilité du pays d'origine lorsqu'il s'agissait de retour de migrants". "Ils devraient y penser aujourd'hui", relève Peter Maurer. Le dirigeant humanitaire dit comprendre que ces pays "aient des soucis de sécurité", mais juge que "laisser ces gens dans les prisons, les priver de leur statut ou de leur nationalité n'est pas une solution".

Depuis la chute, en mars 2019, du califat de l'organisation terroriste Etat islamique, la communauté internationale est confrontée au casse-tête du rapatriement des jihadistes ou de membres de leurs familles capturés en Syrie et en Irak. Les retours dans les pays occidentaux comme l'Autriche, l'Allemagne ou la France ont lieu au compte-gouttes.

Le sort de 8 000 enfants en suspens

Mi-janvier, la Commission d'enquête indépendante et internationale (COI) sur la Syrie, créée en 2011 par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, s'était notamment alarmée du sort réservé aux enfants de combattants islamistes étrangers qui se trouvent en Syrie.

Début novembre, une responsable du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, Marie-Dominique Parent, avait chiffré à entre 700 et 750 le nombre d'enfants nés de parents ressortissants de l'UE qui sont retenus dans des conditions précaires dans des camps du nord-est de la Syrie. 

Au total, 12 000 étrangers, 4 000 femmes et 8 000 enfants, sont installés dans trois camps de déplacés du nord-est. La grande majorité vit dans le camp d'Al-Hol, selon des statistiques des autorités kurdes.

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