Libération de Mossoul : "On entre dans la phase la plus complexe"

Un véhicule des forces irakiennes, près de Mossoul (Irak), le 1er novembre 2016
Un véhicule des forces irakiennes, près de Mossoul (Irak), le 1er novembre 2016 (AHMAD AL-RUBAYE / AFP)

Invité sur franceinfo mercredi 2 novembre,  Hugo Micheron, spécialiste du Moyen-Orient et du groupe État islamique, a estimé que l'entrée des forces irakiennes dans Mossoul marquaient l'ouverture d'une phase "délicate" et "violente" du conflit.

Après deux semaines d'offensive, les forces irakiennes sont entrées dans Mossoul mardi 1er novembre. Mais le conflit est loin d'être terminé dans cette ville aux mains du groupe État islamique depuis plus de deux ans, a estimé mercredi sur franceinfo Hugo Micheron, doctorant à l’ENS et spécialiste du Moyen-Orient et de Daech.

franceinfo : Les jihadistes vont-ils se battre ou quitter Mossoul ?

Il est tout à fait possible que ce soit les deux. Bon nombre de généraux de Daech ont quitté la ville avant même les combats, afin de se réfugier à Raqqa, en Syrie. Dans tous les villages autour de Mossoul, et même en Syrie, les jihadistes n'opposent qu'une résistance minime une fois qu'ils comprennent que la ville est perdue. Cela signifie que la bataille qui va s'ouvrir maintenant risque d'être extrêmement violente.

On a l'impression que désormais les forces de la coalition s'effacent au profit des combattants irakiens.

Effectivement. D'utiliser la "Golden division", les forces d'élite de l'armée irakienne formées par les Américains, est une stratégie qui a marqué l'offensive ces derniers jours. 

On entre dans la phase la plus complexe de la libération de Mossoul. On ne peut pas bombarder les zones civiles. Daech l'a très bien compris. Ils sont 5 000 combattants pour 1,5 million de civils. Les jihadistes mènent une guerilla et n'hésitent pas à avoir recours aux otages de masse, aux boucliers humains et aux attaques kamikazes. La situation est extrêmement délicate.

En quoi Moussoul est-elle importante pour Daech ?

Mossoul est un symbole. C'est la ville où Daech avait proclamé son pseudo "califat" en juin 2014. C'est une ville, dont les jihadistes voulaient faire un modèle. C'était apparu dans plusieurs épisodes de leur propagande. Le fait de perdre Mossoul est une énorme défaite symbolique pour Daech.

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