Jean-Yves Le Drian va discuter à Bagdad d'un "dispositif" pour juger les jihadistes de l'Etat islamique

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, le 26 septembre 2019 à l\'Elysée.
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, le 26 septembre 2019 à l'Elysée. (BERTRAND GUAY / AFP)

Le ministre des Affaires étrangères va se rendre à Bagdad pour discuter de la mise en place d'une procédure pour juger les combattants détenus dans la région.

Comment juger les jihadistes français du groupe Etat islamique détenus dans la zone irako-syrienne ? Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, va se rendre "prochainement" en Irak pour discuter de la création dans ce pays d'un "dispositif" international de jugement.

"Il (faut) faire en sorte, avec les autorités irakiennes, que l'on puisse trouver les moyens d'avoir un dispositif judiciaire susceptible de juger l'ensemble de ces combattants, y compris a priori les combattants français (...), de juger ceux qui seraient pris en charge par les forces irakiennes", a-t-il affirmé mercredi 16 octobre sur BFMTV et RMC. "C'est ce sur quoi nous allons parler avec les autorités irakiennes."

Les discussions "à un stade exploratoire"

Sept pays européens (France, Royaume-Uni, Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Suède et Danemark) discutent depuis plusieurs mois de la possible mise en place d'un tribunal international en Irak pour juger les jihadistes étrangers. Ils ont eu une réunion à ce sujet mardi à Bagdad, a confirmé le ministère néerlandais des Affaires étrangères, tout en soulignant que "les discussions sont à un stade exploratoire".

Interrogé sur d'éventuels nouveaux transferts de jihadistes étrangers, notamment français, des camps kurdes où ils sont détenus en Syrie vers l'Irak, il a simplement répondu : "Le sujet principal n'est pas celui-là, là, maintenant". Une dizaine de jihadistes français détenus par les forces kurdes syriennes ont déjà été transférés fin janvier en Irak pour y être jugés.

L'offensive turque lancée le 9 octobre contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) dans le nord de la Syrie fait craindre des évasions de jihadistes étrangers détenus par les Kurdes syriens. Elle pose aussi avec plus d'acuité encore la question de leur jugement alors que les Kurdes syriens, abandonnés par les Etats-Unis, ont fait appel au régime de Damas pour assurer leur sécurité face aux Turcs.

Les camps tenus par les kurdes "pas menacés" par l'offensive turque

Environ 12 000 combattants du groupe Etat islamique (EI), dont 2 500 à 3 000 étrangers, sont détenus dans les prisons sous contrôle des Kurdes, selon des chiffres de sources kurdes. Et les camps de déplacés du nord-est syrien accueillent environ 12 000 étrangers (8 000 enfants et 4 000 femmes).

Les Européens, premiers concernés par les risques d'attentat, craignent pour leur sécurité si les Kurdes, engagés face aux Turcs, ne peuvent plus tenir ces camps, situés dans l'extrême-nord est de la Syrie, près de la frontière turque. Ces camps ne sont pas pour l'heure menacés, a assuré Jean-Yves Le Drian. "A ma connaissance, à l'heure actuelle, l'offensive turque et le positionnement des FDS [alliance kurdo-arabe] n'ont pas abouti à ce que ces camps-là, qui sont essentiellement dans l'est du nord-est syrien, soient menacés dans [leur] sûreté et sécurité indispensables", a-t-il relevé, précisant qu'une "rébellion interne" dans le camp de Aïn Issa avait permis à des femmes de s'échapper.

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