Coup de filet contre un réseau jihadiste en Italie, en Norvège et au Royaume-Uni

Najmuddin Ahmad Faraj, dit mollah Krekar, un prédicateur fondamentaliste kurde irakien, au tribunal d\'Oslo (Norvège), le 14 août 2015.
Najmuddin Ahmad Faraj, dit mollah Krekar, un prédicateur fondamentaliste kurde irakien, au tribunal d'Oslo (Norvège), le 14 août 2015. (JON OLAV NESVOLD / NTB SCANPIX / AFP)

Au total, 17 personnes ont été arrêtées. Elles sont soupçonnées d'appartenir à un réseau jihadiste européen qui prévoyait des opérations pour tenter d'obtenir la libération de son chef, un prédicateur kurde irakien détenu en Norvège.

La cellule démantelée avait des ramifications dans plusieurs pays européens. La police italienne a réalisé un coup de filet contre un réseau jihadiste multinational qui prévoyait des opérations pour tenter d'obtenir la libération de son chef, un prédicateur kurde irakien détenu en Norvège. Les mandats d'arrêt concernent 17 personnes, 16 kurdes irakiens et un Kosovar : six membres du réseau ont été arrêtés en Italie, quatre au Royaume-Uni, trois en Norvège, tandis que plusieurs sont partis se battre en Irak et en Syrie aux côtés de l'organisation Etat islamique (EI).

Le centre de coordination de cette opération se trouvait à La Haye (Pays-Bas), au siège d'Eurojust, l'organisme de coopération judiciaire de l'Union européenne. Lequel s'est félicité, dans un communiqué, de "l'excellente coopération entre les autorités nationales impliquées"

Selon les enquêteurs, les personnes arrêtées sont des disciples de Najmuddin Ahmad Faraj, dit Mollah Krekar, un prédicateur fondamentaliste kurde irakien de 59 ans. L'homme est établi depuis 1991 en Norvège, où l'un des trois mandats d'arrêt le concernait, même s'il est déjà en détention.

Recrutements et envois de combattants à l'étranger

"Ce qui est important, c'est que nous avons démantelé une cellule intégrée qui comprenait, outre l'Italie, le Royaume-Uni, la Norvège, la Finlande, la Suisse et l'Allemagne", explique un responsable du groupe des opérations spéciales (ROS) des carabiniers italiens. Le réseau se développait "sur internet à travers des procédures 'noires', des plateformes peu connues que nous avons réussi à pénétrer", ajoute-t-il, précisant que l'opération des forces de l'ordre a permis d'"annuler une procédure de recrutement, d'envoi au combat à l'étranger". Selon ce responsable, le groupe "s'apprêtait à poursuivre l'envoi à l'étranger de nombreux autres jihadistes" et prévoyait de s'en prendre à des diplomates, notamment norvégiens, pour faire pression sur les autorités et faire libérer le mollah Krekar. Certains membres envisageaient des attentats-suicides, mais il n'y avait aucun projet précis. 

"Nous contrôlons tout ce qui se passe sur le territoire afin de limiter" les risques d'attentat, en particulier dans la perspective du Jubilé proclamé par le pape François, qui doit drainer des millions de pèlerins à Rome à partir de décembre, a ajouté l'officier. Selon un communiqué publié à Rome, la cellule démantelée avait pour objectif "d'éduquer" une nouvelle génération de kurdes irakiens, soit en Irak, soit de la diaspora, à une idéologie radicale et "préparer une révolte violente contre les régimes infidèles qui gouvernent les zones kurdes".

Le mollah s'était félicité de l'attentat contre "Charlie Hebdo"

En Norvège, le mollah Krekar est considéré comme une menace pour la sécurité nationale. Il est sous le coup, depuis 2003, d'un arrêté d'expulsion qui n'a toujours pas été exécuté en l'absence de garanties sur son sort en Irak, où il risque la peine de mort.

Il avait cofondé dans ce pays Ansar Al-Islam, un groupe islamiste qu'il affirme ne plus diriger depuis 2002. Il figure, avec ce groupe, sur la liste des personnes et organisations terroristes des Etats-Unis et de l'ONU. Krekar s'était notamment illustré en se félicitant de l'attaque sanglante commise en janvier Paris par des jihadistes contre le journal satirique Charlie HebdoCoutumier des déclarations fracassantes, il a notamment déclaré, dans le passé, voir en Oussama ben Laden "un bon musulman" et a comparé l'ex-président américain George Bush à Adolf Hitler.