Bagdad : le chaos après Daech

France 2

Comment vit-on aujourd'hui à Bagdad (Irak), cette capitale qui a tant souffert ? 

C'est la plus célèbre place du centre de Bagdad (Irak) : aujourd'hui, un terrain vague cerné de taules ondulées, comme si le temps s'était arrêté le 9 avril 2003. Ce jour-là, la statue de Saddam Hussein est déboulonnée sur cette place Ferdous, un immense espoir s'empare du peuple irakien. Pourtant aujourd'hui, 15 ans plus tard, la place n'a toujours pas été rénovée. À l'image d'un pays exsangue, qui peine à se reconstruire. Dans ce café, les clients en regretteraient presque le dictateur : "Évidemment que c'était mieux avant du point de vue économique et politique, et nous étions un peuple bien plus uni", analyse un homme. "Saddam Hussein avait fait beaucoup de mal, renchérit un autre client, mais les suivants ont fait bien pire" résume-t-il.

Coût estimé de la reconstruction : 73 milliards d'euros

Une population entre autres meurtrie par les trois années de guerre contre l'organisation État islamique. Les autorités ont décrété la victoire contre Daech, mais Bagdad est toujours bunkerisée, hérissée de murs de béton pour empêcher les attentats. Des checkpoints par centaines, des soldats, des blindés à tous les coins de rue, et personne pour se soucier vraiment de la vie quotidienne des habitants. Un invraisemblable fatras de fils électriques, des installations sauvages et reliées à des générateurs privés... La débrouille pour pallier les insuffisances de l'État. L'Irak est riche en pétrole, mais c'est une manne mal exploitée ; résultat, 8 millions de citoyens disposent de moins de 2 euros par jour. 73 milliards d'euros, c'est le coût estimé de la reconstruction de l'Irak. Mais les investisseurs étrangers hésitent : ce marché est titanesque, mais risqué dans un pays encore très instable.

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