130 euros la télé, 170 euros la mobylette... Comment les jihadistes de l'EI revendent les biens qu'ils ont pillés

Un panneau de propagande pour l\'Etat islamique, dans une rue de Raqqa, en Syrie, le 2 novembre 2014.
Un panneau de propagande pour l'Etat islamique, dans une rue de Raqqa, en Syrie, le 2 novembre 2014. (RAQA MEDIA CENTER / AFP)

Le groupe jihadiste possèderait 2 milliards d'euros de réserve grâce au pillage et aux rackets imposés dans les régions qu'il contrôle.

Plus l'Etat islamique conquiert de nouvelles terres, plus il s'enrichit. Présenté comme le groupe terroriste "le plus riche du monde", le groupe jihadiste posséderait un pactole de 2 milliards d'euros grâce aux pillages et aux rackets imposés dans les régions qu'il contrôle. Selon une enquête publiée lundi 14 décembre par le Financial Times (en anglais), dans chaque province sous contrôle de l'EI, en Syrie ou en Irak, le groupe terroriste met en place un "bureau du butin de guerre". Ce bureau évalue la valeur totale du butin récolté : les fonds des banques pillées, les armements militaires, les biens des responsables locaux. Puis il en reverse un cinquième aux combattants ayant participé à la prise de la province.

L'Etat islamique collecte aussi les biens non-militaires, comme des portes, des réfrigérateurs, des machines à laver, des vaches... Ensuite, il vend le tout dans les "marchés du butin". Sur ces marchés, les combattants de l'EI sont autorisés à acheter ces biens à moitié prix. 

Des tables et des chaises pour une trentaine d'euros

Les autorités de l'Etat islamique ont calculé, en dollars, la valeur d'une table et de deux chaises et estiment qu'elle équivaut à 34 dollars, soit 31 euros, rapporte le Financial Times. Les meubles font partie des principales pièces vendues sur les "marchés au butin". Grâce à leur prix modéré, ils permettraient surtout au groupe de réunir facilement de l'argent liquide, rappelle Business Insider (en anglais).

Un écran plat pour 130 euros

Si les combattants de l'EI ont pour habitude de piller des sites antiques pour revendre des objets anciens sur le marché noir, ils ramassent aussi de nombreux appareils électroniques dans les villes qu'ils assiègent. Parmi ces appareils, on retrouve de nombreux écrans plats, facilement revendables à la population locale, que le groupe revend autour de 143 dollars, soit 130 euros. Un combattant qui vole un téléviseur récolte un cinquième de sa valeur, soit 26 euros, note Financial Times.

170 euros la mobylette

Les mobylettes et les motos sont des moyens de transports très utilisés au Moyen-Orient. Au sein de l'Etat islamique, les "informateurs" et les collecteurs d'impôts se déplacent régulièrement en mobylette, décrit le Financial Times. La revente d'une mobylette est évaluée à 186 dollars, soit 170 euros. Une vente qui ne rapporte donc pas beaucoup plus qu'un écran plat.

Des groupes électrogènes vendus de 235 euros à 653 euros

Les groupes électrogènes sont des pièces essentielles pour les personnes vivant dans les villes occupées par l'Etat islamique et par les combattants de l'EI eux-mêmes. Dans ces villes, la situation économique et sanitaire est extrêmement préoccupante pour les civils. "Une bouteille d'eau coûte maintenant 250 livres syriennes (environ 1 euro) une fortune pour la région", évoque le site Raqqa is Being Slaughtered Silently (en anglais). Les revendeurs savent que les générateurs électriques sont essentiels, car le réseau électrique ne fonctionne quasiment plus. Ils revendent un petit modèle environ 235 euros et un grand modèle pour 653 euros, détaille le Financial Times.

Un pick-up dernier cri pour 4 300 euros

Connus pour défiler debout sur leurs pick-ups ou leurs 4x4 à chaque prise de territoire, les combattants de l'EI affectionnent particulièrement la marque japonaise Toyota, réputée "plus robuste et plus durable que ses concurrents (..) et établie de longue date au Proche-Orient et en Afrique", explique Challenges. Les combattants les volent lors de leurs guerres ou les achètent sur des filières parallèles. Le département du Trésor américain avait d'ailleurs pris contact avec le constructeur japonais à ce sujet en octobre, rapporte Geopolis. Sur le "marché du butin", le dernier modèle de pick-up de la marque sud-coréenne Kia est vendu 4 700 dollars, soit 4 308 euros. Neuf, un véhicule tout-terrain de cette marque vaut plus de 30 000 euros, note Autoplus.

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