Pétrolier britannique confisqué par l’Iran : "L'Iran veut montrer ses muscles pour faire pression sur les pays européens et sur les États-Unis"

Le navire britannique Stena Impero (capture d\'écran d\'une vidéo diffusée sur le site officiel du corps des Gardiens de la révolution islamique)
Le navire britannique Stena Impero (capture d'écran d'une vidéo diffusée sur le site officiel du corps des Gardiens de la révolution islamique) (HO / SEPAH NEWS)

Alors que l'Iran retient toujours un pétrolier britannique, deux experts reviennent, sur franceinfo, sur ce nouvel incident.

La France et l’Allemagne font part de leur grande préoccupation, samedi 20 juillet, après la saisie d'un pétrolier britannique par l'Iran dans le détroit d'Ormuz, dans le Golfe persique. Selon Téhéran, le bateau aurait percuté un chalutier. Une enquête est ouverte pour non-respect du code maritime international.

Invités de franceinfo samedi, Francis Perrin, directeur de recherche à l'IRIS et spécialiste des problématiques énergétiques, et François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran entre 2001 et 2005, tentent d'analyser cet incident.

L'Iran "veut montrer ses muscles"

Pour le premier, "l'Iran veut montrer ses muscles pour faire pression sur les pays européens et sur les États-Unis, afin qu'ils reviennent à la table des négociations sur le dossier nucléaire". François Nicoullau estime de son côté que "l'Iran se venge de la saisie d’un pétrolier iranien dans les eaux de Gibraltar il y a à peu près un mois".

Depuis mai dernier, nous sommes désormais à une dizaine d'incidents, impliquant des navires, liés au commerce pétrolier mondial dans la région. Ces attaques, ces incidents, ces sabotages ont été jusqu'à présent très calculés, très maîtrisés, aucun navire n'a couléFrancis Perrinà franceinfo

"Pour l'instant, les marchés pétroliers voient ça avec beaucoup de sang froid parce que ces incidents semblent encore contrôlés (...) En revanche, on ne sait pas à quel moment les choses peuvent déraper. À quel moment il pourrait y avoir une affrontement direct, et dans ce cas-là, l'impact sur le prix du pétrole pourrait être beaucoup plus important", rappelle le chercheur Francis Perrin.

Un désir de vengeance ?

D'après l'ancien ambassadeur François Nicoulleau, ce nouvel incident est en réalité une vengeance de l'Iran, après la saisie d'un navire iranien dans les eaux de Gibraltar : "Les Iraniens avaient dit que cet acte de piraterie internationale ne serait pas impuni (...) Ce pétrolier iranien était censé livrer du pétrole vers la Syrie. Les Iraniens ont donc dit qu’ils se vengeraient faute de trouver une solution. Les choses ont tardé : les Anglais ont dit un moment qu’ils allaient régler ça très rapidement mais la Cour de Gibraltar a prolongé [de 30 jours] la saisie du navire, d’où la réaction iranienne."

Vous êtes à nouveau en ligne