VIDEO. Liban : vers la fin du mariage comme remède au viol

FRANCEINFO

Face à la pression d'ONG et à la mobilisation dans les rues, le Liban a entamé un processus législatif devant abolir la loi qui permet à un violeur d'échapper à une condamnation s'il se marie avec sa victime.

Au Liban comme dans de nombreux autres pays, un violeur peut échapper à la prison s'il épouse sa victime. C'est la loi qui le dit : l'article 522 du code civil date de 1948. Après le Maroc en 2014, le Liban serait sur le point de revenir sur cette pratique après une forte mobilisation des ONG qui a provoqué la décision du Parlement, le 7 décembre 2016.

Le royaume marocain avait en effet pris cette mesure à la suite du suicide d'une adolescente de 16 ans, contrainte d'épouser son bourreau. Les associations marocaines n'ont d'ailleurs pas cesser le combat, elles réclament désormais une loi qui punit sévèrement les auteurs des violences à l'encontre des femmes.

Honteuses, des victimes n'osent pas porter plainte

La question du viol est longtemps restée un tabou dans les sociétés traditionnelles et beaucoup de femmes n'osent toujours pas porter plainte. Perdre sa virginité, même à cause d'un viol, est considéré comme la perte de son honneur et celui de toute sa famille. C'est aussi le risque de ne plus trouver un mari. Alors, pour réparer le mal, on arrange un mariage entre la femme violée et son agresseur. Et le viol reste impuni.

La loi qui protège le violeur est toujours valable en Tunisie, en Algérie, en Syrie, en Jordanie... La liste est longue. En novembre 2016, la Turquie était sur le point d'introduire cette loi sur le viol dans son code pénal. La forte mobilisation des associations a mis en échec ce projet.

Enfin, cette loi n'est pas l'apanage des pays arabes ou musulmans : le mariage dit "réparateur" existait dans le code pénal italien. L'article 544 a été supprimé en 1981.

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