"Notre argent a été volé" : à Beyrouth, les manifestants dénoncent l'inaction des autorités face à la crise qui frappe le Liban

Des opposants au gouvernement ont affronté la police, le 12 juin, à Beyrouth (Liban).
Des opposants au gouvernement ont affronté la police, le 12 juin, à Beyrouth (Liban). (ANWAR AMRO / AFP)

En huit mois, la livre libanaise a perdu 70% de sa valeur, et l'inflation explose. Un Libanais sur deux est passé sous le seuil de pauvreté.

Poubelles en feu, vitrines cassées et gaz lacrymogènes : la soirée du vendredi 12 juin a été marquée une nouvelle fois par des tensions dans le centre-ville de Beyrouth où des groupes très mobiles ont affronté jusque tard dans la nuit les forces de l'ordre. "Le dollar s'envole, la livre libanaise s'enfonce, il n'y a pas de travail, pas de quoi manger. La seule solution, c'est ce que vous voyez", justifie Brahim, le visage dissimulé derrière un foulard. Les manifestants protestent contre l'attentisme des pouvoirs publics face au naufrage économique du pays. À Tripoli, la grande ville du nord du Liban, l'armée a dispersé des manifestants. Même scénario dans la capitale, Beyrouth.

Samedi, en début d'après-midi, les contestataires étaient de retour et ont défilé pacifiquement vers le centre-ville de la capitale. Même schéma dans d'autres villes du Liban où les manifestants crient leur colère contre une classe politique accusée de corruption et d'incompétence.

Une contestation multi-confessionnelle

Le pays, en proie à sa pire crise économique depuis la fin de la guerre civile et à une dépréciation historique de sa monnaie nationale, malgré la promesse des autorités d'injecter des dollars sur le marché pour tenter d'enrayer la dépréciation. En huit mois, la livre libanaise a perdu 70% de sa valeur, l'inflation explose. Un Libanais sur deux est passé sous le seuil de pauvreté et les partis confessionnels qui se partagent le pouvoir sont totalement discrédités. "Notre argent a été volé", explique un peu plus loin Marwan qui se réjouit de voir dans la rue des Libanais de la communauté chiite, habituellement tenus par le Hezbollah pro iranien ou le mouvement Amal.

Moi je veux un vrai Etat et je m'attends à ce que les pauvres se révoltent très bientôt et qu'ils se démarquent enfin de leurs appartenances politiques.Marwan, un manifestant

"On est dans la rue pour que le peuple soit entendu. On sera désormais de toutes les manifestations parce que la situation ne fait qu'empirer", assure Hassan qui vient justement de la banlieue sud, le fief du Hezbollah.

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