En pleine crise, un nouveau Premier ministre est nommé au Liban

Moustapha Adib, Premier ministre libanais, le jour de sa nomination, le 31 août 2020, à Baabda, au Liban. 
Moustapha Adib, Premier ministre libanais, le jour de sa nomination, le 31 août 2020, à Baabda, au Liban.  (MOHAMED AZAKIR / REUTERS)

Diplomate peu connu, Moustapha Adib doit faire face au défi titanesque d'incarner le changement après avoir été choisi par une classe dirigeante conspuée depuis des mois par la rue.

Le temps presse. Aussitôt désigné à l'issue de consultations parlementaires, lundi 31 août, le nouveau Premier ministre du Liban, Moustapha Adib, s'est engagé à former rapidement un gouvernement chargé d'enclencher des "réformes" longtemps attendues et à conclure un accord avec le Fonds monétaire international pour sortir le pays du naufrage économique (FMI).

"La tâche que j'ai acceptée repose sur le fait que toutes les forces politiques (...) sont conscientes de la nécessité de former un gouvernement en un temps record et de commencer à mettre en œuvre des réformes, avec comme point de départ un accord avec le Fonds monétaire international", a-t-il déclaré lors d'un discours télévisé. "Le temps n'est pas aux mots et aux promesses (...) mais à l'action", a-t-il ajouté. 

Diplomate peu connu, Moustapha Adib doit faire face au défi titanesque d'incarner le changement après avoir été choisi par une classe dirigeante conspuée depuis des mois par la rue. Ambassadeur du Liban en Allemagne depuis 2013, son nom n'a émergé que dimanche pour remplacer Hassan Diab, dont le gouvernement a démissionné à la suite des explosions du 4 août au port de Beyrouth, qui ont tué au moins 188 personnes et anéanti des quartiers entiers de la capitale.

Première visite dans un quartier dévasté par l'explosion 

Dans la foulée de sa première intervention, Moustapha Adib s'est ainsi aussitôt rendu dans une des zones dévastées. Ni le président Michel Aoun, ni l'ex-Premier ministre Hassan Diab ne s'étaient rendus dans ces quartiers.

Les explosions ont alimenté la colère de la rue contre une classe politique jugée corrompue et incompétente. Le Liban vit depuis l'automne dernier au rythme d'une instabilité politique et économique accrue, marquée par la dégringolade de la monnaie nationale.

La désignation de Moustapha Adib intervient par ailleurs alors que le président français Emmanuel Macron entame lundi soir une nouvelle visite au Liban pour tenter de résoudre la profonde crise politique en cours. 

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