Le Qatar juge déraisonnable la liste des demandes de ses adversaires

L\'émir du Qatar Tamim Ben Hamad Al Thani lors d\'un sommet au Koweit, le 25 mars 2014.
L'émir du Qatar Tamim Ben Hamad Al Thani lors d'un sommet au Koweit, le 25 mars 2014. (HAMAD I MOHAMMED / REUTERS)

La liste n'est "pas destinée à combattre le terrorisme mais à empiéter sur la souveraineté du Qatar et à s'ingérer dans sa politique étrangère", a déclaré l'exécutif qatari, samedi.

Le Qatar a affirmé, samedi 24 juin, étudier une liste de 13 demandes formulées par ses adversaires mais a jugé qu'elle n'était pas "raisonnable", éloignant la perspective d'un règlement rapide de la crise du Golfe.

Dans cette liste, circulant sur les réseaux sociaux mais qui n'a pas été dévoilée officiellement, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte exigent entre autres du Qatar une réduction de ses relations avec l'Iran et la fermeture de la chaîne de télévision Al Jazeera. Le document fixe au Qatar un délai de 10 jours pour satisfaire à ces demandes, une requête jugée irréaliste par Doha.

"Empiéter sur la souveraineté du Qatar"

La liste, transmise jeudi à Doha par le médiateur koweïtien, n'est "pas destinée à combattre le terrorisme mais à empiéter sur la souveraineté du Qatar et à s'ingérer dans sa politique étrangère", a déclaré samedi dans une première réaction le directeur du bureau de communication gouvernemental, cheikh Saif ben Ahmed Al-Thani.

Rappelant que le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, en contact avec Doha et Ryad, avait espéré mercredi que la liste de demandes "sera raisonnable et réalisable", cheikh Saif a estimé que la liste présentée "ne répond à de telles normes". Le ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères a réclamé samedi des "garanties" européennes et américaines sur un éventuel accord de sortie de crise.

"Si le Qatar suit la voie de la sagesse et réalise que son aventure l'isole de son voisinage", il faudrait, "pour préserver notre sécurité et stabilité, une sorte de mécanisme de contrôle" sur l'application d'un éventuel accord, a dit le ministre, en appelant à "des garanties européennes et américaines".