Le premier ministre par intérim a évoqué dimanche pour la première fois un éventuel report des élections législatives

Le premier ministre tunisien, Beji Caid Essebsi (8-5-2011)
Le premier ministre tunisien, Beji Caid Essebsi (8-5-2011) (AFP - FETHI BELAID)

Report qui interviendrait pour des raisons techniques. Des élections législatives sont prévues le 24 juillet.Dimanche, pour la quatrième journée consécutive, la police tunisienne a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser une manifestation antigouvernementale dans le centre.

Report qui interviendrait pour des raisons techniques. Des élections législatives sont prévues le 24 juillet.

Dimanche, pour la quatrième journée consécutive, la police tunisienne a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser une manifestation antigouvernementale dans le centre.

Report du scrutin ?
Dans un entretien diffusé par la télévision nationale, le chef du gouvernement, Beji Caïd Essebsi, a indiqué que son équipe travaillait toujours pour que le scrutin ait lieu à la date prévue. "On a choisi la date de 24 juillet et on tient à cette date (...) Mais si le comité de réformes dit qu'il y a des empêchements techniques, ça sera une autre probabilité à voir", a dit le premier ministre.

Par ce scrutin, les Tunisiens doivent désigner une assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle Constitution dans l'optique de l'après-Ben Ali. L'ex-chef de l'Etat a gouverné d'une main de fer pendant 23 ans le pays jusqu'à son renversement, le 14 janvier.

Dans un entretien diffusé par la télévision nationale, le chef du gouvernement a indiqué que son équipe travaillait toujours pour que le scrutin ait lieu à la date prévue.

Poursuite des manifestations
La police tunisienne est à nouveau intervenue dimanche pour disperser une manifestation antigouvernementale dans le centre de Tunis. Samedi, le gouvernement provisoire tunisien avait instauré un couvre-feu dans la capitale. Selon le ministère de l'Intérieur cité par la télévision, cette mesure est en vigueur de 21h locales (20h00 GMT) à 5 h. Les autorités ont justifié la mesure en déclarant que des pillages et des violences s'étaient produits dans la capitale tunisienne et sa banlieue au cours des deux derniers jours.

Des manifestations anti-gouvernementales se sont déroulées chaque jour depuis jeudi à Tunis et ont été parfois durement réprimées par les forces de l'ordre.

Lors de la manifestation de dimanche, des dizaines de jeunes ont scandé des slogans en faveur de la démission de Beji Caïd Essebsi et de son équipe, sifflant et huant les policiers qui se trouvaient face à eux sur l'avenue Bourguiba, la grande artère du centre-ville. Les forces de l'ordre ont répliqué par des gaz lacrymogènes. "Nous ne sommes intervenus que lorsqu'ils ont lancé des pierres, pas quand ils nous ont insultés", a affirmé un policier en civil. La manifestation de dimanche était d'une ampleur moindre que celles des derniers jours.

Les manifestations sont organisées par une frange de la population qui craint que le gouvernement de transition revienne sur les engagements en faveur de la démocratie pris après la chute de l'ex-"raïs de Carthage".

La tension est remontée d'un cran en Tunisie après les propos tenus jeudi par l'ancien ministre de l'Intérieur Farhat Rajhi sur un possible coup d'Etat de fidèles de l'ancien régime en cas de victoire électorale des islamistes d'Ennahda. Le premier ministre a réitéré dimanche la condamnation par le gouvernement de semblables propos qu'il a qualifiés d'"irresponsables".

L'agence Tap a annoncé samedi le limogeage de Farhat Rajhi de son poste de directeur du Haut Comité sur les droits de l'homme et les libertés fondamentales, un organisme financé par l'Etat.

15 journalistes frappés par des policiers

Selon le syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), 15 journalistes travaillant pour des médias internationaux et tunisiens ont été frappés par les forces de l'ordre lors la couverture de manifestations jeudi et vendredi à Tunis.

"Des dizaines de policiers en uniforme et en civil ont frappé d'une manière cruelle des journalistes bien qu'ils savaient qu'ils étaient journalistes et ils ont cassé des appareils photos et poursuivi des journalistes jusqu'à l'entrée du journal La Presse", écrit le SNJT dans un communiqué.

Le photographe de l'AFP, Abdelfattah Belaid, a raconté vendredi avoir été "agressé par quatre policiers dans l'escalier du journal La Presse". "Ils m'ont pris deux appareils photo et un ordinateur portable et m'ont frappé sur la tête avec des barres de fer", a-t-il dit.

Le SNJT, qui qualifie ces violences de "crime contre la liberté de la presse", dénonce "les pratiques oppressives des agents de police à l'encontre des journalistes".

Ces violences "commises par les agents de la police ont pour but de "verrouiller les médias et de priver l'opinion publique des réalités" en Tunisie, selon le SJNT, qui met en garde contre les menaces "de faire retourner le pays sous l'oppression" qu'il a connu sous l'ancien régime du président déchu Ben Ali.

Une enquête sur les "débordements"
Le ministère tunisien de l'Intérieur a présenté vendredi soir dans un communiqué ses excuses "aux journalistes et aux citoyens agressés involontairement", affirmant son "respect pour le travail journalistique. Le ministère a ajouté qu'"une enquête sera ouverte pour déterminer les responsabilités pour ces débordements".

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