La justice exige le retrait d'une banderole propalestinienne sur la mairie de Stains

Le leader palestinien Marwan Barghouti lors de sa condamnation au tribunal, à Tel Aviv, le 20 mai 2004. 
Le leader palestinien Marwan Barghouti lors de sa condamnation au tribunal, à Tel Aviv, le 20 mai 2004.  (DAVID SILVERMAN / GETTY IMAGES)

"La banderole ne sera pas retirée", répond Azzedine Taïbi, maire PCF de la ville. 

La décision a été prise au nom de la "neutralité des services publiques". La justice a ordonné, lundi 21 mars, de retirer une banderole de soutien à un prisonnier palestinien du fronton de l'hôtel de ville de Stains (Seine-Saint-Denis). Le tribunal administratif de Montreuil a ainsi approuvé la requête en référé du préfet de Seine-Saint-Denis.

Cette banderole réclame la libération de Marwan Barghouti, un dirigeant du Fatah condamné par Israël à la prison à vie, citoyen d'honneur de Stains et de plusieurs autres villes communistes de la région parisienne. "Stains s'engage pour la paix. Libérez Marwan Barghouti, le Mandela palestinien" proclame la banderole contestée, qui représente cet ancien secrétaire général du Fatah menotté faisant le V de la victoire. 

Barghouti, "une des clés pour retrouver la paix au Moyen-Orient"

Pour le préfet, la décision d'apposer une telle banderole, "non justifiée par un intérêt local", constitue une intervention dans un conflit international "susceptible de porter atteinte à l'ordre public". Approuvant ces arguments, le juge a ordonné "à la commune de Stains d'enlever cette banderole à titre provisoire jusqu'à ce qu'il soit statué au fond" dans cinq ou six mois.

"La banderole ne sera pas retirée", répond Azzedine Taïbi, maire PCF de Stains, pour qui "la décision du préfet intervient six ans après la pose de cette banderole qui n'a créé aucun trouble public". "C'est un combat pour la justice et l'égalité des peuples, un peu comme il y a plus de 25 ans le combat pour la libération de Nelson Mandela, traité alors par une partie de la classe politique française comme un terroriste", affirme le maire, qui voit dans Marwan Barghouti "une des clés importantes pour retrouver la paix au Moyen-Orient".

Derrière les barreaux depuis son arrestation dans les territoires autonomes en 2002, Marwan Barghouti, l'un des leaders de la deuxième Intifada (2000-2005), est devenu pour les Palestiniens l'un des symboles de la résistance à l'occupation israélienne.