L'Iran peut produire quatre bombes atomiques, selon Israël

Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, le 1er février 2012 devant le Parlement à Téhéran (Iran).
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, le 1er février 2012 devant le Parlement à Téhéran (Iran). (AFP)

Le chef des renseignements militaires israéliens affirme que Téhéran possède près de 100 kilos d'uranium enrichi à 20%, de quoi disposer d'armes nucléaires d'ici à un an.

Le chef des renseignements militaires israéliens, Aviv Kochavi, a affirmé jeudi 2 février que l'Iran pouvait d'ores et déjà produire quatre bombes atomiques, précisant qu'"il faudra[it] un an pour que ce soit chose faite, lorsque l'ordre en ce sens sera donné [par les autorités iraniennes]". Israël accuse l'Iran, qu'il considère comme son principal ennemi stratégique, de vouloir se doter de l'arme nucléaire sous couvert d'un programme civil, ce que Téhéran dément.

• Les inquiétudes d'Israël

"L'Iran poursuit très activement ses efforts pour développer ses capacités nucléaires, et nous avons la preuve qu'ils [les Iraniens] cherchent à disposer d'armes nucléaires, a expliqué le général Aviv Kochavi lors d'une conférence internationale annuelle sur la sécurité à Herzliya, près de Tel-Aviv (Israël). Aujourd'hui, les services de renseignements internationaux sont d'accord avec Israël pour dire que l'Iran a accumulé près de 100 kilos d'uranium enrichi à 20%, soit suffisamment pour produire quatre bombes."

Présentant le Proche-Orient comme "le plus grand arsenal du monde", le général Kochavi a par ailleurs indiqué qu'Israël était menacé par "quelque 200 000 roquettes et missiles, pour la plupart d'une portée de 40 kilomètres, et plusieurs milliers d'une portée de centaines de kilomètres". Selon ses services, "une maison sur dix au Liban sud (contrôlé par le Hezbollah) abrite soit un entrepôt de missiles ou roquettes, soit une position de lancement de ces engins".

Les espoirs de l'AIEA

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a jugé mercredi que sa visite en Iran du 29 au 31 janvier avait été positive, tout en soulignant qu'il restait "encore beaucoup de travail à accomplir" au sujet de son programme nucléaire controversé. Elle effectuera une nouvelle mission à Téhéran les 21 et 22 février. 

La visite avait pour but de régler, selon l'AIEA, "des questions en suspens" à la suite d'un rapport de l'agence en novembre évoquant une "possible dimension militaire" du programme nucléaire iranien. "Nous avons eu trois jours de discussions intenses sur toutes nos priorités. La visite a été bonne", a déclaré le chef des inspecteurs de l'AIEA, Herman Nackaerts, à des journalistes à l'aéroport de Vienne (Autriche). Aucune installation n'a toutefois été visitée.

• Ahmadinejad double son budget défense

Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a annoncé jeudi devant le Parlement que l'Iran avait plus que doublé son budget de défense pour la période allant de mars 2012 à mars 2013. "Dans le secteur de la défense, il y a une hausse de 127% (...) des crédits budgétaires", a-t-il déclaré, sans toutefois chiffrer ce budget ni préciser son périmètre.

Pour l'exercice en cours, le budget de défense officiellement annoncé était d'environ 12 milliards de dollars (8,6 milliards d'euros), auxquels le Parlement a accordé en cours d'année une rallonge de 3 milliards de dollars.

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