L'armée égyptienne a promis samedi soir de limiter le recours aux tribunaux militaires pour juger les civils

Place Tahrir, les manifestants en colère contre la lenteur des réformes demandent des changements politiques (15-07-11)
Place Tahrir, les manifestants en colère contre la lenteur des réformes demandent des changements politiques (15-07-11) (AFP PHOTO / MOHAMED HOSSAM)

Le Conseil suprême des forces armées, à la tête du pays depuis la chute en février du président Moubarak, accède ainsi à l'une des revendications des manifestants.La multiplication des procès de civils devant des tribunaux militaires est l'une des causes ayant poussé des milliers d'Egyptiens à manifester à nouveau pour réclamer de vraies réformes.

Le Conseil suprême des forces armées, à la tête du pays depuis la chute en février du président Moubarak, accède ainsi à l'une des revendications des manifestants.

La multiplication des procès de civils devant des tribunaux militaires est l'une des causes ayant poussé des milliers d'Egyptiens à manifester à nouveau pour réclamer de vraies réformes.

Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, le Conseil suprême des forces armées s'est engagé à ne juger devant des tribunaux militaires que les affaires de viols, d'agressions de policiers et d'attaques armées. Mais l'armée a aussi prévenu que si elle comptait respecter les manifestations pacifiques, elle interviendrait en cas d'atteintes aux biens publics ou privés.

Samedi, alors que la place Tahrir était le théâtre de nouvelles manifestations (depuis le 8 juillet, la foule a repris position sur cette place, symbole de la résistance), un des chefs de l'armée qui tentait de s'adresser aux manifestants a été contraint à rebrousser chemin. Sur fond de tensions croissantes entre contestataires et militaires au pouvoir, les manifestants ont chahuté le général Tarek al-Mahdi, membre du Conseil suprême des forces armées, l'obligeant à quitter la place.

Vendredi, des milliers d'Egyptiens avaient manifesté dans tout le pays, et en particulier sur cette place emblématique, pour pousser le Conseil à des réformes. Les Egyptiens qui ont participé à cette entendaient réclamer un plan clair et transparent pour la transition au sommet de l'Etat, accusant les militaires de s'être accaparé le pouvoir.

Longtemps silencieux face à la colère de la rue, le Conseil suprême des forces armées avait assuré mercredi soutenir la révolution et ses idéaux.

Remaniement attendu
Le Premier ministre Essam Sharaf, hospitalisé mardi 19 juillet pour surmenage, doit quant à lui présenter un nouveau gouvernement pour tenter d'apaiser la contestation. Selon les médias officiels, une quinzaine de ministres, les plus liés au régime de Hosni Moubarak, doivent être remplacés.

Samedi, M.Charaf s'est choisi comme adjoints à la tête du gouvernement un économiste expérimenté, Hazem Beblawi, et un membre influent d'un parti libéral, Ali al-Silmi, une décision qui illustre sa volonté d'apaiser les manifestants mais aussi de redresser une économie mise à mal par l'instabilité.

Dans le même temps, le ministre des Affaires étrangères, Mohammed Al-Orabi, a présenté sa démission "pour épargner au Premier ministre tout embarras pendant les négociations sur le remaniement", selon l'agence officielle Mena. Tout comme le ministre des Finances, Samir Radouan, nommé peu avant la chute d'Hosni Moubarak, et le ministre de l'Industrie et du commerce extérieur Samir Al-Sayyad.

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