Un médecin palestinien demande des excuses au tribunal après que des chars israéliens ont tué ses trois filles

Selon la version du père de famille, un obus tiré par un char a touché sa maison quelques heures avant que l\'armée israélienne ne mette fin à trois semaines d\'offensive dans la bande de Gaza, en janvier 2009. Image d\'archives de chars israéliens pendant l\'opération Plomb durci (2008-2009).
Selon la version du père de famille, un obus tiré par un char a touché sa maison quelques heures avant que l'armée israélienne ne mette fin à trois semaines d'offensive dans la bande de Gaza, en janvier 2009. Image d'archives de chars israéliens pendant l'opération Plomb durci (2008-2009). (MENAHEM KAHANA / AFP)

Mercredi, en Israël, un tribunal se penche sur la demande d'un Palestinien, dont les trois filles et la nièce sont mortes en 2009 dans la bande de Gaza lors de l’opération "Plomb durci."

Il ne demande pas d'argent, pas d'indemnisation, simplement des excuses. Un tribunal israélien se penche mercredi 29 mars sur la demande d'un homme, un Palestinien, dont les trois filles et la nièce sont mortes en 2009 dans la bande de Gaza lors de l’opération baptisée "Plomb durci" menée par Israël. C'est un tir de char qui a détruit sa maison et tué les jeunes filles. Ce drame a eu un grand retentissement dans les médias israéliens.

A Jérusalem, le reportage d'Etienne Monin.
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En 2009, l'opération "Plomb durci" est une guerre à huis-clos. Les journalistes sont retenus à la frontière. Depuis sa grande maison assiégée, Izzeldin Abuelaish est l’œil de plusieurs médias israéliens, qui diffusent en direct sa douleur quand trois de ses filles sont tuées dans leur chambre par des tirs de char, le 16 janvier 2009.

Une quête de justice

Izzeldin Abuelaish parle hébreux et anglais. Il travaille dans un hôpital israélien qui organise les secours pour sa famille. Mais l’armée refuse toute responsabilité dans la mort des trois jeunes filles. La procédure au civil a été enclenchée il y a presque sept ans. Le père s’est restructuré autour de cette quête de justice. Pas par soucis de vengeance, dit-il, mais pour sortir d’une situation d’impunité. "Passer son temps à convaincre ou à prouver que mes filles sont des victimes, c'est douloureux", explique le père de famille.

Que ce soit une erreur ou que ce soit volontaire, le gouvernement israélien doit prendre ses responsabilités. Ce n'est pas pour l'accabler mais pour que les responsabilités soient assumées, pour donner de l'espoir et pour avancerIzzeldin Abuelaishà franceinfo

"Voilà ce que je les pousse à faire : 'Faites en sorte qu'on puisse sortir de tout ça'", poursuit Izzeldin Abuelaish. L’armée israélienne a changé trois fois de version. Elle a déposé récemment une expertise qui tendrait à prouver qu’il y avait des armes dans la maison. En Israël, quarante députés soutiennent le Palestinien, parmi lesquels des membres très visibles de la coalition.