L'ancien président israélien Shimon Peres est mort à l'âge de 93 ans

L\'ancien président Shimon Peres lors d\'une conférence de presse à Sderot (Israël), le 6 juillet 2014.
L'ancien président Shimon Peres lors d'une conférence de presse à Sderot (Israël), le 6 juillet 2014. (AMIR COHEN / REUTERS / AFP)

Il avait reçu le prix Nobel de la paix en 1994 après la signature des accords d'Oslo. Il a succombé à un accident vasculaire cérébral.

C'est une figure historique qui disparaît. Shimon Peres est mort dans la nuit de mardi 27 à mercredi 28 septembre à l'âge de 93 ans après un accident vasculaire cérébral. Selon son médecin personnel, l'ancien président israélien s'est éteint dans son sommeil "à 3 heures du matin" (heure locale).

Premier ministre d'Israël à plusieurs reprises, il avait reçu le prix Nobel de la paix en 1994 avec l'Israélien Yitzhak Rabin et le Palestinien Yasser Arafat "pour leurs efforts en faveur de la paix au Moyen-Orient", après la signature des accords d'Oslo.

Shimon Peres lors des accords d\'Oslo, le 13 septembre 1993, devant le leader palestinien Yasser Arafat, le Premier ministre Yitzhak Rabin et le président américain Bill Clinton.
Shimon Peres lors des accords d'Oslo, le 13 septembre 1993, devant le leader palestinien Yasser Arafat, le Premier ministre Yitzhak Rabin et le président américain Bill Clinton. (J. DAVID AKE / AFP)

Hollande et Obama lui rendent hommage

Dernier survivant de la génération des pères fondateurs de l'Etat hébreux, il était aussi l'un des architectes du programme nucléaire d'Israël, considéré comme la seule puissance atomique militaire du Proche-Orient, et de l'avance militaire de son pays, réputé comme étant à la tête de la plus puissante armée de la région.

A l'annonce de son décès, les messages de condoléances ont immédiatement commencé à affluer du monde entier, montrant l'ampleur du respect voué à Shimon Peres. Le président américain Barack Obama a salué sa mémoire, soulignant qu'il n'avait jamais cessé de croire en la paix. François Hollande a de son côté rendu hommage à l'un des "plus ardents défenseurs de la paix" et à "un ami fidèle".

Plus de 50 ans de carrière politique

Dans son propre pays, après avoir été au cœur des grandes batailles et des farouches controverses d'un monde politique israélien féroce, il était devenu une personnalité largement consensuelle, considérée comme un sage de la nation. Depuis deux semaines, alors qu'il était hospitalisé pour un AVC, les responsables israéliens ont défilé à son chevet. Le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a fait part dans une première réaction de sa "profonde tristesse".

Premier ministre à deux reprises, entre 1984 et 1986 et en 1995-1996, puis président de 2007 à 2014, il avait occupé pendant plus de 50 ans de vie publique de nombreux postes à responsabilité aux ministères de la Défense, des Affaires étrangères ou des Finances... Il est entré en politique à 25 ans grâce à David Ben Gourion, fondateur d'Israël.

Malgré les accords d'Oslo et en dépit de la conversion à la paix de l'ancien faucon travailliste, les Palestiniens ont une vision bien plus noire de celui qui a cautionné les premières colonies juives de Cisjordanie occupée et qui était Premier ministre quand l'aviation israélienne a bombardé le village libanais de Cana, tuant 106 civils en avril 1996.