Israël : la gay pride de Tel-Aviv s'ouvre en zone de turbulences

L’an passé, l’événement avait rassemblé 200 000 personnes venues des quatre coins du monde.
L’an passé, l’événement avait rassemblé 200 000 personnes venues des quatre coins du monde. (BAZ RATNER / X02483)

Le défilé annuel LGBTQI est organisé aujourd'hui dans les rues de Tel-Aviv, en Israël. L'évènement rassemble chaque année plusieurs centaines de milliers de personnes mais prête cette année le flanc à la critique.

La gay pride de Tel-Aviv, en Israël, a lieu vendredi 9 juin dans la ville de bord de mer. Un défilé, une fête, qui se veut l’incarnation de l’état de maturité pour la communauté LGBTQI (lesbienne, gay, bisexuel-le, trans, queer, intersexes). L’an passé, l’événement avait rassemblé 200 000 personnes venues des quatre coins du monde mais les critiques et les appels au boycott se multiplient. La communauté elle-même semble en recherche d’un second souffle aujourd’hui en Israël.

La gay pride, un investissement

À deux pas du bord de mer, les commerces de Tel-Aviv revendiquent l’identité LGBTQI avec leurs drapeaux arc en ciel planté pour l’occasition sur la devanture. Pour la municipalité, la gay pride est un investissement. "Il ne s'agit pas seulement de faire de l'argent sur deux jours quand les gens sont là, explique Yoav, jeune restaurateur. Nous voulons aussi que les gens reviennent ! Alors nous leur réservons le meilleur accueil et peut-être que leurs prochaines vacances seront ici à Tel-Aviv !"

Les pieds dans le sable, sous les couleurs arc en ciel de la plage LGBT, Arnaud et Alexandre font partie des touristes de la gay pride. Ils ont quitté Paris en début de semaine. Pour eux, Tel-Aviv est devenu un rituel qui permet de réunir vacances et sens de la fête. "Ici c'est plutot le côté festif que le côté militant comme à l'époque de Aides etc., admet Arnaud. Il y a des gens qui viennent de partout pour faire la fête, c'est très connu pour ça !"

Une initiative critiquée 

Mais la gay pride est de plus en plus perméable aux critiques. Un contre-événement a été programmé cette semaine pour dénoncer, dans cette parade, une vaste opération de normalisation à quelques kilomètres du blocus de Gaza et de l’occupation de la Cisjordanie. Chen Arieli dirige l’organisation historique LGBTQI à Tel Aviv. Elle souhaite que son mouvement évolue et plaide pour une reprise en main de la gay pride, entièrement pilotée jusqu’à présent par la municipalité. "La parade doit devenir plus politique, plaide-t-elle. Si nous disons que nous luttons pour les droits civils et les droits de l'homme, on ne peut pas rester dans cette hypocrisie : il faut aussi lutter pour tous les segments de la société israélienne, pas juste la LGBT. Il faut faire passer l'idée que c'est une même lutte : une lutte pour les droits civiques, contre l'occupation, contre la place de la religion dans l'État, pour la liberté d'aimer qui on veut." 

En Israël, les gays et lesbiennes ont plus de droit familiaux qu’en France. Mais la place du religieux dans l’Etat interdit le mariage civil et la plupart des avancées ont été obtenues devant les juges de la Cour suprême et non devant les députés israéliens.

La gay pride de Tel Aviv - Reportage d'Etienne Monin pour franceinfo
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