Israël-Gaza : plusieurs actes d'Israël "peuvent probablement s'apparenter à des crimes de guerre", selon Amnesty International

Francis Perrin, vice-président d\'Amnesty International, ci-contre en 2012.
Francis Perrin, vice-président d'Amnesty International, ci-contre en 2012. (JEAN-FRANÇOIS FREY / MAXPPP)

Des dizaines de milliers de Palestiniens de Gaza ont protesté lundi à la frontière avec l'Etat hébreu contre l'inauguration, le même jour, à Jérusalem de l'ambassade américaine en Israël. Plus de 50 manifestants palestiniens ont été tués par l'armée israélienne.  Le vice-président d'Amnesty International France a réagi sur franceinfo.

Au moins 55 Palestiniens sont morts lundi 14 mai sous les balles de l'armée israélienne à la frontière israélo-palestinienne. De nombreux Palestiniens étaient venus manifester contre le transfert à Jérusalem de l'ambassade des États-Unis en Israël. Francis Perrin, vice-président d'Amnesty International France, a réagi sur franceinfo. Il condamne fermement les actes d'Israël : "Il s'agit d'une journée particulièrement sanglante et qui fait suite à des semaines - depuis fin mars, début de ces manifestations à la frontière Israël/Gaza - particulièrement sanglantes elles aussi, avec déjà des dizaines de morts et de très nombreux blessés y compris très graves."

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"Très clairement, il y a eu une nouvelle fois un usage excessif de la force de la part de l'armée israélienne à qui l'on donne des ordres illégaux consistant à tirer sur des manifestants qui sont non-armés", poursuit le vice-président d'Amnesty International France. "Il peut certes y avoir des manifestants violents, mais toutes les images qui nous parviennent, toutes les informations que nous avons et que le monde entier peut voir, montrent que ces manifestants ne représentent pas une menace imminente et directe pour la sécurité des forces armées israéliennes qui sont protégées et armées et qui tirent sur ces foules avec des balles réelles."

"Lorsque des personnes s'éloignent en courant et qu'on leur tire dans le dos, ce n'est pas une menace imminente"

Selon Francis Perrin, "cette assimilation [de Benyamin Netanyahou qui assimile chaque manifestant à un représentant du Hamas considérée comme une organisation terroriste par Israël] permet aux autorités israéliennes de se dédouaner complètement de toutes les graves violations des droits humains commises ce lundi et depuis des semaines", affirme-t-il, ajoutant que "plusieurs de ces violations peuvent probablement s'apparenter à des crimes de guerre au regard des conventions de Genève".

"Le droit international est très clair, il y a le concept de légitime défense, explique-t-il. On ne peut utiliser des armes de guerre et des balles réelles pour tirer sur des personnes, que s'il y a une menace directe et imminente pour les policiers et militaires impliqués ou en vue de protéger d'autres personnes. Lorsque des personnes sont à plusieurs centaines de mètres d'une frontière, ce n'est pas une menace imminente. Lorsque des personnes agitent des drapeaux palestiniens et qu'on leur tire dessus, ce n'est pas une menace imminente. Lorsque des personnes s'éloignent en courant et qu'on leur tire dans le dos, ce n'est pas une menace imminente. Donc clairement, il y a une nouvelle fois de la part d'Israël violation des normes internationales les plus élémentaires", dénonce le représentant d'Amnesty International