Israël-Palestine : "les populations sont prises en otages par leurs extrémistes", estime un ancien conseiller d'Yitzhak Rabin

Le ministre des Affaires étrangères français Jean-Marc Ayrault devant ses homologues, le 15 janvier 2017.
Le ministre des Affaires étrangères français Jean-Marc Ayrault devant ses homologues, le 15 janvier 2017. (THOMAS SAMSON / POOL)

Quelque 70 ministres des Affaires étrangères sont à Paris dimanche pour échanger sur la situation au Proche-Orient. Sur franceinfo, Ofer Bronchein, ancien conseiller d'Yitzhak Rabin, s'est montré sceptique quant à l'intérêt de cette réunion.

Une conférence pour la paix au Proche-Orient réunit 70 ministres des Affaires étrangères à Paris, dimanche 15 janvier. Les discussions doivent relancer le processus de paix, au point mort depuis 2014.

Mais en l'absence des principaux intéressés, les Israéliens et des Palestiniens, le résultat risque d'être décevant. Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, estime que cette conférence est "inutile et truquée". Sur franceinfo, Ofer Bronchtein, ancien conseiller d'Yitzhak Rabin et co-fondateur du Forum international pour la paix, se montre pessimiste sur l'issue de la conférence.

franceinfo : Comment expliquez-vous la position de Benyamin Nétanyahou ?

Ofer BroncheinMalheureusement, le Premier ministre, tout comme les populations israélienne et palestinienne, sont pris en otages par leurs extrémistes. Sa coalition refuse la solution des deux États, prônée par plusieurs pays de la communauté internationale.

Donc, si cette conférence, c'est encore du déclaratif, on n'en a plus besoin. Ça fait déjà 40 ans que les mêmes déclarations se font. Si les pays présents dimanche prennent des mesures qui soient, s'il le faut, contraignantes pour les deux parties, alors ça pourra faire la différence.

Quelles mesures, par exemple ?

On connaît aujourd'hui tous les détails de la solution des deux États. Ce que les pays doivent négocier, ce sont uniquement ces détails : les frontières, le partage de l'eau, les réfugiés, Jérusalem... Il faut peut-être renverser la dynamique. Les pays arabes et musulmans doivent reconnaître Israël, en échange, il faut contraindre, si besoin, Israël à reconnaître un État palestinien.

Ces mesures peuvent être prises dimanche et ensuite être amenées devant l'Assemblée nationale des Nations-Unies pour être rendues contraignantes, même si les frontières ne sont pas encore déterminées.

Que pensez-vous des annonces de Donald Trump qui veut, entre autres, faire déménager l'ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem ?

J'ai l'impression qu'il y aura de grands écarts entre ce qu'il a dit durant sa campagne et ce qu'il va faire. Tous les présidents américains ont déclaré, pendant leur campagne, qu'ils allaient faire bouger leur ambassade de Tel Aviv à Jérusalem, aucun d'entre eux ne l'a fait.

Le futur ambassadeur américain en Israël a déjà dit que l'ambassade resterait à Tel Aviv, mais que lui irait dormir à Jérusalem. Donald Trump est un homme d'affaires, il va gérer cela comme tel.

"Si c'est encore du déclaratif, on en a plus besoin" affirme Ofer Bronchtein
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