"Do you want me to go back to my plane ?" : "C'est parce qu'il a osé dire non aux Israéliens que Jacques Chirac est devenu populaire dans le monde arabe"

Le président de la République Jacques Chirac pousse un garde israélien alors qu\'il proteste contre l\'imposant dispositif de sécurité qui l\'entoure, le 22 octobre 1996 lors de sa visite dans la vieille ville de Jérusalem.
Le président de la République Jacques Chirac pousse un garde israélien alors qu'il proteste contre l'imposant dispositif de sécurité qui l'entoure, le 22 octobre 1996 lors de sa visite dans la vieille ville de Jérusalem. (JIM HOLLANDER / AFP)

Jacques Chirac "est le premier qui a dit non" aux Isréaliens, estime vendredi sur franceinfo l'ancienne ambassadrice de la Palestine auprès de l'Union européenne, Leïla Shahid.

L'ancienne ambassadrice de la Palestine auprès de l'Union Européenne, Leïla Shahid, salue vendredi 27 septembre sur franceinfo la mémoire de Jacques Chirac, "homme libre, courageux, offensif", revenant sur le coup de colère de l'ancien chef de l'Etat français contre la police israélienne lors d'une visite à Jérusalem le 22 octobre 1996. "Do you want me to back to my plane?", avait lâché Jacques Chirac. Pour Leïla Shahid, "c'est vraiment l'illustration exacte d'un président qui ne se laissait pas marcher sur les pieds", le "premier qui osait dire non aux Israéliens".

"C'était la fin de la visite, il voulait visiter les lieux saints, se souvient Leïla Shahid. Il était accompagné de 100 journalistes, d'un certain nombre d'invités, dont le président du Crif et moi-même. Et la police israélienne a fait quelque chose qu'on ne fait jamais, elle nous a envoyé des petites voitures, celles qu'on emploie dans le golf, qui sont venues littéralement nous rentrer dans les pieds, par derrière."

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"Lui, bien sûr, ils ne l'ont pas bousculé, mais nous avons commencé à crier : 'regardez ce qu'ils nous font, monsieur le président !', raconte l'ancienne ambassadrice. La police a aussi obligé les commerçants à fermer leurs rideaux de fer."

Chirac, et ça c'est magnifique, s'est approché de ces commerçants qui avaient baissé leur rideau, et leur a donné la force de résister au diktat de l'armée israélienne.Leïla Shahid, ambassadrice de la Palestineà franceinfo

"Et donc, petit à petit, la tension montait. Finalement, l'armée est entrée avec ses bottes au Saint-Sépulcre. Donc, tout cet incident, il faut le remettre dans son contexte : Chirac osait dire non aux Israéliens, c'est le premier qui a dit non. C'est parce qu'il a osé dire non qu'il est devenu populaire dans le monde arabe", estime Leïla Shahid.

"Un homme libre, courageux, offensif"

Pour l'ancienne ambassadrice, Jacques Chirac était aussi "un homme qui sait aimer le peuple qu'il représente, un homme qui sait imposer la dignité de son peuple, un animal politique qui a aussi fait ce qu'il fallait pour rester au pouvoir". "Un homme libre, courageux, offensif, qui sait faire", ajoute Leïla Shahid, pour qui Jacques Chirac n'était pas seulement l'homme "proche du peuple" qu'on a souvent présenté.

"On a fait du président Mitterrand un grand intellectuel et un grand président, ce qu'il était bien sûr, et on a voulu faire de Chirac juste un homme chaleureux et proche du peuple, mais c'est aussi à mon avis un grand homme politique", conclut l'ex-ambassadrice.

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