Gaza : après l'échec de la trêve, l'impossible négociation d'un cessez-le-feu

Des Palestiniens à la recherche de victimes d\'un bombardement de l\'armée de l\'air israélienne, à Rafah, dans la bande de Gaza, le 29 juillet 2014. 
Des Palestiniens à la recherche de victimes d'un bombardement de l'armée de l'air israélienne, à Rafah, dans la bande de Gaza, le 29 juillet 2014.  ( IBRAHEEM ABU MUSTAFA / REUTERS)

Alors que l'armée israélienne recherche désormais l'un de ses soldats porté disparu, la bande de Gaza est toujours soumise à des bombardements meurtriers et l'espoir d'un cessez-le-feu s'éloigne.

La bande de Gaza dévastée par 26 jours de guerre est soumise samedi 2 août au bombardement meurtrier de l'armée israélienne, engagée dans un combat contre le Hamas et désormais à la recherche d'un de ses soldats porté disparu. Vingt-quatre heures après qu'une illusion de cessez-le-feu eut volé en éclats, les chances d'une trêve paraissaent plus éloignées que jamais dans un conflit qui a fait plus de 1 600 morts palestiniens depuis le 8 juillet. Francetv info développe les dernières informations.

A la recherche du soldat israélien disparu

Pour Israël, il ne s'agit plus seulement, comme au début de l'opération "bordure protectrice", de réduire le danger représenté depuis la bande de Gaza par l'organisation islamiste du Hamas. Depuis vendredi, l'armée emploie aussi sa force à retrouver un sous-lieutenant de 23 ans. Selon l'armée, Hadar Goldin a probablement été capturé par l'ennemi vendredi matin près de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.

Ce type d'événement est un casus belli pour Israël. En juin 2006, le rapt du soldat franco-israélien Gilad Shalit avait suscité une émotion considérable dans le pays et déclenché cinq mois d'opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza. Le soldat avait finalement été libéré en octobre 2011 en échange d'un millier de prisonniers palestiniens.

La branche militaire du Hamas, les brigades Ezzedine Al-Qassam, a assuré ne pas disposer d'informations sur le soldat Hadar Goldin, tout en revendiquant l'implication de ses combattants dans l'embuscade qui se serait soldée par sa capture. Pour elle, le soldat a peut-être été tué en même temps que des combattants des brigades. C'est à la suite de la disparition du sous-officier que le feu s'est à nouveau déchaîné sur la bande de Gaza vendredi, pulvérisant moins de deux heures après son entrée en vigueur le premier cessez-le-feu accepté conjointement par les belligérants.

Négociations impossibles au Caire

Dans la matinée, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a réaffirmé que le projet de cessez-le-feu qu'il proposait constituait une "réelle chance" de mettre fin aux hostilités dans la bande de Gaza. L'Egypte, qui tente de se poser en médiateur des négociations, afin d'obtenir un cessez-le-feu, devait accueillir des représentants des deux camps, samedi. Mais les discussions n'auront pas lieu. 

Selon un responsable palestinien à Ramallah, en Cisjordanie, une délégation palestinienne composée de représentants de l'OLP mais aussi de membres en exil du Hamas est attendue dans la journée au Caire. Elle ne devrait comprendre en revanche aucun représentant du Hamas ou du Djihad islamique vivant dans la bande de Gaza.

Mais en face, Israël n'enverra pas de négociateurs, selon un responsable israélien, qui accuse le Hamas de tromper les médiateurs internationaux. "Le Hamas ne s'intéresse pas un arrangement", dit-il.

Un lourd bilan pour Rafah

Depuis l'échec du cessez-le-feu, au moins 107 personnes ont été tuées près de Rafah sous les bombes israéliennes dans l'un des territoires les plus densément peuplés au monde, ravagé et asphyxié, selon les secours locaux. Trente-cinq sont mortes depuis minuit. Quinze des victimes, dont cinq enfants de 3 à 12 ans, appartenaient à la même famille, a précisé le chef des secours. La guerre a coûté la vie à environ 1 650 Palestiniens, très majoritairement des civils, selon les secours. Côté israélien, 63 soldats et 3 civils ont été tués.

Bombardements et tirs de roquettes se poursuivent

Samedi matin, l'aviation israélienne bombardait la ville de Gaza et ses alentours, selon des journalistes de l'AFP. Une mosquée a été détruite à Jabalia (au nord), et des maisons réduites en ruines en bordure de la plage de Gaza. "Vers 5 heures du matin, un F-16 a bombardé les maisons ici. Tout est détruit. Il y a eu des blessés mais pas de morts", a dit sur place Mahmoud Abou Issa, 58 ans, père de 10 enfants. La frappe a creusé un cratère dans le pâté de maisons. "Les Israéliens détruisent tout ce que nous avons et la communauté internationale ne fait rien", ajoute Mahmoud Abou Issa, une dizaine d'hommes opinant du chef autour de lui.

Côté israélien, le Dôme de fer a intercepté deux roquettes tirées sur Tel-Aviv et une autre sur Beersheva (sud), a indiqué l'armée israélienne. C'est précisément pour faire cesser ces tirs de roquettes, et pour détruire les réseaux de souterrains permettant aux combattants palestiniens de porter la menace sur le territoire israélien qu'Israël est à nouveau entré en guerre le 8 juillet.

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