Israël : la tension monte autour des ultra-religieux

Le ton monte entre un juif ultra-orthodoxe et un laïc à Beit Shemesh, près de Jérusalem (Israël), le 26 décembre 2011.
Le ton monte entre un juif ultra-orthodoxe et un laïc à Beit Shemesh, près de Jérusalem (Israël), le 26 décembre 2011. (OREN NAHSHON/REUTERS)

A chaque jour son lot d'affrontements entre la police et des groupes de juifs ultra-orthodoxes en Israël. Qui sont ces ultra-religieux et que veulent-ils ?

Pour le président israélien Shimon Peres, il s'agit de "sauver la majorité des griffes d'une petite minorité, qui met à mal les valeurs les plus sacrées [d'Israël]". Le chef de l'Etat a même appelé, mardi 27 décembre 2012, la population à se rassembler pour protester contre les initatives extrémistes de certains juifs orthodoxes.

Plusieurs milliers de personnes ont répondu à son appel à Beit Shemesh, une ville située à une trentaine de kilomètres de Jérusalem où un incident a déclenché la révolte contre les codes religieux très stricts que tentent d'imposer certains juifs ultra-religieux. FTVi revient sur les racines de ce conflit qui envenime les relations entre la communauté juive orthodoxe et le reste de la population.

Qui sont ces juifs ultra-orthodoxes ?

La frange radicale de juifs ultra-orthodoxe concernée s'appelle les "harédim" , littéralement "craignant Dieu", et représente la communauté ayant la pratique religieuse la plus stricte. Rejetant la modernité, ils ont leurs propres quartiers, leurs partis politiques, leurs magasins et même parfois leurs écoles.

Le rabbin est la seule autorité pleinement légitime à leur sens. Ils seraient près de 150 000 dans l'agglomération de Jérusalem, et autant à Bne Brak, en banlieue de Tel-Aviv.

Que veulent-ils imposer ?

Dans la ligne de leur pratique extrêmement stricte, ces juifs ultra-othodoxes sont ségrégationnistes : ils réclament une séparation des sexes, notamment dans les lieux publics ou les transports en commun.  Ils "ne reconnaissent pas le droit à l'égalité, et donc les droits des femmes"explique au Monde.fr Frances Raday, professeure émérite de droit à l'université hébraïque de Jérusalem.

Concrètement, ils font disparaître les femmes de certaines affiches publicitaires, mettent des affiches dans les rues pour les inciter à se vêtir convenablement à leurs yeux, c'est-à-dire en haredi, couvertes de la tête aux pieds par cette stricte tenue noire. 

Comment la tension est-elle montée ?

Les médias ont rapporté de nombreux incidents ces dernières semaines, en particulier des attaques verbales et physiques contre des femmes ultra-orthodoxes et des tensions provoquées par le refus de certaines de s'assoir à l'arrière des autobus. Mais c’est l'histoire de Naama Margolese, une timide fillette de 8 ans, qui a été la goutte d'eau de trop.

Terrorisée d'aller à l'école, elle raconte  avoir été victime d’attaques de la part  d’ultra-orthodoxes à Beit Shemesh. Les hommes lui auraient alors craché dessus, la traitant de "prostituée", rapporte Paris-Match.

La population de la ville de 80 000 habitants, à majorité ultra-orthodoxe, se mobilise et des heurts éclatent à plusieurs reprises, notamment le lundi 26 décembre, entre la police et des radicaux religieux. Les actes de violences sont cependant rejetés par une partie de la communauté de Beit Shemesh : certains de ses membres, non identifiés, ont publié un communiqué condamnant "la violence sous toute ses formes".

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