Iran : quatre signes d'ouverture du nouveau président

L\'avocate des droits de l\'homme Nasrin Sotoudeh (à droite), prend sa belle-mère dans ses bras après sa libération, le 18 septembre 2013 à Téhéran (Iran).
L'avocate des droits de l'homme Nasrin Sotoudeh (à droite), prend sa belle-mère dans ses bras après sa libération, le 18 septembre 2013 à Téhéran (Iran). (BEHROUZ MEHRI / AFP)

De possibles rencontres avec François Hollande et Barack Obama, un discours plus mesuré sur Israël... Après le départ de Mahmoud Ahmadinejad, le président Hassan Rohani multiplie les gestes de détente.

Depuis l'élection de juin, le très conservateur Mahmoud Ahmadinejad n'est plus le président de l'Iran et cela commence à se voir. Ces dernières semaines, le nouveau président, Hassan Rohani, plus modéré, et son équipe multiplient les signes d'ouverture. Objectif : rompre l'isolement diplomatique de son pays et renouer avec la communauté internationale.

Francetv info a retenu quatre signes de changement.

Des rencontres au sommet

Le président iranien a d'abord multiplié les déclarations conciliantes à l'adresse des Etats-Unis et de la communauté internationale. Il a notamment demandé à rencontrer, la semaine prochaine, Barack Obama et François Hollande, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU qui se déroule à New York. 

Cela pourrait bien se faire, à en croire les déclarations de ses homologues français et américain. "Il y a un plan pour rencontrer le président iranien à sa demande", a déclaré, jeudi 19 septembre, François Hollande depuis Bamako (Mali). Ce serait une première depuis 2005. Du côté de Washington, on se montre aussi ouvert à la proposition iranienne. Mais Barack Obama a tout de même insisté sur la nécessité pour Téhéran d'abandonner son programme nucléaire et de joindre les actes à la parole. 

Un ministre et le président souhaitent un joyeux Nouvel An aux juifs

Le ministre des Affaires étrangères, Javad Zarif, s'est fait remarquer sur Twitter. Alors que le gouvernement précédent multipliait les déclarations agressives à l'égard d'Israël et des juifs, Javad Zarif a souhaité, jeudi 5 septembre, un joyeux "Roch Hachana", le Nouvel An juif, tout comme son président la veille.

Plus étonnant encore, il a à demi-mot critiqué la position de l'ancien président Mahmoud Ahmadinejad, qui avait qualifié l'holocauste de "légende". Alors que la fille de la présidente de la Chambre des représentants des Etats-Unis l'interpellait sur ce point, il a répliqué : "L'Iran ne l'a jamais nié. L'homme qui l'a fait est parti. Bonne année."

Ce changement de ton est toutefois à relativiser. Interrogé sur la chaîne américaine NBC jeudi 19 septembre, il a éludé cette question. "Je ne suis pas un historien, je suis un politicien", a-t-il déclaré. Au passage, le président iranien a vivement critiqué la politique de l'Etat hébreu, le qualifiant d'"envahisseur" aux "politiques belliqueuses".

Faites la paix, pas la bombe

Dans cette interview à NBC, Hassan Rohani a tenté de rassurer la communauté internationale sur ses intentions. Alors que cette dernière s'inquiète du programme nucléaire iranien, il a assuré que l'Iran ne produirait jamais de bombe atomique.

"Dans aucune circonstance nous ne chercherons à obtenir des armes de destruction massive, dont des armes nucléaires, et ce ne sera jamais le cas, a assuré Hassan Rohani. Nous ne cherchons à faire la guerre à aucun pays. Nous cherchons la paix et l'amitié vis-à-vis des nations de notre région." 

Des prisonniers politiques libérés

Les gestes du nouveau pouvoir ne sont pas simplement symboliques. L'avocate Nasrin Sotoudeh, emprisonnée pour son activisme en faveur des droits de l'homme, a été libérée, avec la permission de reprendre son métier. Treize autres personnalités, arrêtées pendant le mouvement de contestation de 2009, sont également sorties de prison. Notamment l'ancien vice-ministre des Affaires étrangères Mohsen Aminzadeh ou le journaliste réformateur Mahsa Amirabadi.

Ces libérations, saluées par Washington et Londres, sont "un geste de bonne volonté en direction de l'Ouest", a confirmé à l'AFP, jeudi, une source diplomatique occidentale à Téhéran. "Cela montre que Hassan Rohani veut vraiment tenir les promesses faites pendant la campagne et que son message d'ouverture et de modération est crédible", a expliqué cette source.

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