Gaza-Israël : au sixième jour du conflit, les négociations s'ouvrent

Un Palestinien jette une pierre sur les forces israéliennes au checkpoint de Qalandia, dans la bande de Gaza, le 19 novembre 2012. 
Un Palestinien jette une pierre sur les forces israéliennes au checkpoint de Qalandia, dans la bande de Gaza, le 19 novembre 2012.  (AHMAD GHARABLI / AFP)

L'opération israélienne sur la bande de Gaza a fait plus de 100 morts en six jours. La communauté internationale s'active pour promouvoir une trêve. 

GAZA – Le secrétaire général de l'ONU est arrivé au Caire, lundi 19 novembre. Au terme du sixième jour de conflit entre Israéliens et Palestiniens, Ban Ki-moon doit rencontrer le chef de la diplomatie égyptienne, Mohammed Kamel Amr, et mardi le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi. L'objectif de ces rencontres : apporter son soutien aux efforts menés par l'Egypte en faveur d'un cessez-le-feu entre Israël et le mouvement palestinien Hamas à Gaza. 

Après sa visite au Caire, Ban Ki-moon rencontrera cette semaine le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas, a indiqué son porte-parole. Le secrétaire général de l'ONU entend les pousser à la mise en place d'un cessez-le-feu.

Retour sur les positions des différents acteurs de ce conflit qui vient de franchir la barre des 100 victimes, entre négociations et préparations à l'escalade. 

En Egypte : l'espoir d'une trêve 

"Au moment où nous parlons, les négociations se poursuivent et j'espère que nous parviendrons bientôt à quelque chose permettant de mettre fin à cette violence et à cette contre-violence", a dit à Reuters le Premier ministre égyptien, Hicham Qandil. "Je pense que nous en sommes très proches, mais la nature de ce type de négociations [fait que l'issue] est très difficile à prédire", a-t-il ajouté.

Le chef du bureau politique du Hamas en exil, Khaled Mechaal, a par ailleurs déclaré lundi que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu avait demandé une trêve à Gaza. Mais si l'Etat juif veut une trêve, il doit d'abord cesser le feu, a-t-il indiqué lors d'une conférence au Caire. Selon lui, "celui qui a commencé la guerre doit la cesser."

La veille, le ministre des Affaires étrangères israélien, Avigdor Lieberman, avait pour sa part affirmé que la seule condition d'une trêve était que tous les groupes armés de Gaza stoppent leurs tirs. 

A Gaza : au moins 23 morts lundi

Après le Premier ministre égyptien et le ministre tunisien des Affaires étrangères, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi, doit se rendre dès mardi à Gaza à la tête d'une délégation ministérielle. Sur place, les bombardements aériens israéliens ont fait 23 morts palestiniens pour la seule journée de lundi, selon l'AFP.

Les bombardements de l'armée israélienne ont notamment touché un centre de médias dans la ville de Gaza, tuant un Palestinien et en blessant trois autres dans la tour où se trouve la télévision Al-Aqsa du Hamas. D'autres chaînes étrangères avaient leurs bureaux dans l'immeuble visé.

REUTERS et APTN

En six jours, l'armée israélienne a indiqué avoir touché plus de 1 350 cibles palestiniennes. Dans le même temps, plus de 850 roquettes ont été tirées du territoire palestinien vers Israël.

En Cisjordanie : deux morts et un appel à l'unité

Un Palestinien a été tué par des soldats israéliens à Hébron, ont annoncé des sources policières et médicales sur place. Plus tôt dans la journée, un autre, blessé samedi en Cisjordanie dans des affrontements avec l'armée israélienne lors d'une manifestation de solidarité avec Gaza, est mort des suites de ses blessures. Il s'agit des deux premiers morts palestiniens en Cisjordanie depuis le déclenchement de l'opération militaire israélienne contre la bande de Gaza, mercredi dernier.

Par ailleurs, lundi en fin de matinée, les dirigeants des mouvements palestiniens Fatah, Hamas et Jihad islamique en Cisjordanie ont appelé à l'unité. Ils se sont aussi promis de mettre "fin à la division", en solidarité avec les Palestiniens de la bande de Gaza, lors d'une manifestation à Ramallah. "Celui qui parlera de la division après aujourd'hui est un criminel", a assuré Mahmoud Al-Ramahi, un chef du Hamas en Cisjordanie.

En Israël : la question de "la prochaine étape" 

Le cabinet de sécurité du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, s'est réuni lundi soir pour examiner une proposition égyptienne de trêve avec les groupes armés palestiniens de Gaza, a indiqué la radio publique israélienne. Selon elle, Israël souhaite qu'une trêve de 24 à 48 heures soit observée afin que les parties puissent élaborer les termes d'un cessez-le-feu. Selon la même source, Israël pourrait, dans le cadre des termes d'un éventuel cessez-le-feu, envisager d'alléger son blocus de la bande de Gaza. 

Lundi matin, Israël avait mobilisé des milliers de réservistes et déployé des véhicules de transports de troupes blindés, des bulldozers et des chars à la frontière avec la bande de Gaza, donnant l'impression de se préparer à une possible offensive terrestre. "L'alternative est la suivante, a indiqué le général Dan Harel, un ancien chef d'état-major adjoint israélien, interrogé par la presse : d'un côté il y a un accord mijoté au Caire, et de l'autre une escalade débouchant sur une opération terrestre dans la bande de Gaza, qui n'est souhaitée par aucune des deux parties", a-t-il affirmé. "Nous serons face à ce dilemme dans les 24 à 48 heures", a-t-il estimé. 

Alors que les bombardements continuent sur Gaza, les Israéliens redoutent les ripostes du Hamas sur leur territoire. Les tirs de roquettes ont déjà fait trois morts et la population vit dans la peur. Le correspondant de France 2 à Jérusalem, Charles Enderlin, et son équipe ont rencontré des habitants d'Ashkelon ce lundi, pour France 2.

Charles Enderlin, Alan Grego et Hoffset Nalbandian - France 2

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