Deux jeunes Saoudiens arrêtés pour avoir proposé des câlins gratuits aux passants

Une patrouille de police à Ryad (Arabie saoudite), en 2011.
Une patrouille de police à Ryad (Arabie saoudite), en 2011. (HASSAN AMMAR / AP / SIPA)

La police religieuse a interpellé deux hommes dans le centre de Ryad, la capitale de cet Etat musulman rigoriste. 

La gentillesse peut parfois constituer un délit. Deux jeunes Saoudiens, qui proposaient de serrer les passants dans leurs bras, dans une rue de Ryad (Arabie saoudite) ont été arrêtés par la police religieuse, selon des sites d'information locaux, jeudi 21 novembre. Les interpellations ont eu lieu dans la rue Tahlia, l'une des artères principales de la capitale saoudienne, alors que les jeunes gens proposaient des câlins aux passants en brandissant des pancartes sur lesquelles étaient inscrit en anglais "Free hugs" (étreintes gratuites).

"Free hugs" est un mouvement qui consiste à proposer spontanément des accolades dans un lieu public pour rompre avec la morosité des grandes agglomérations. L'initiative des deux jeunes Saoudiens est surprenante dans un pays profondément conservateur et qui interdit tout écart de conduite, ainsi que toute mixité. Elle a provoqué une polémique sur les réseaux sociaux entre une minorité qui la défend et ses détracteurs. 

Timide décontraction depuis 2012

La police religieuse veille au respect des bonnes mœurs, mais est souvent accusée d'abus. Ses agents prennent en chasse les couples non mariés, veillent à ce que les femmes soient voilées et respectent l'interdiction de conduire ou encore que les commerces ferment pendant les heures de prière.

Mais ses membres se font un peu plus discrets depuis la nomination, en janvier 2012, d'un nouveau chef, le cheikh Abdel Latif ben Abdel Aziz Al-Cheikh, qui a renoncé à la contribution de "volontaires", souvent accusés d'abus et de violences, et a mis fin à l'utilisation de voitures banalisées. Il est connu pour ses positions relativement modérées concernant la mixité, qu'il ne prohibe pas lorsqu'elle n'enfreint pas les règles islamiques, alors que le royaume impose une stricte ségrégation des sexes.

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