Des dizaines de milliers de Syriens ont appelé la communauté internationale à les soutenir au 1er vendredi du Ramadan

Manifestation antigouvernemantale à Idlib, au nord-ouest de la Syrie, le 5 août 2011.
Manifestation antigouvernemantale à Idlib, au nord-ouest de la Syrie, le 5 août 2011. (AFP PHOTO/YOUTUBE)

Selon les organisations des droits de l'Homme, il y a eu au moins 22 morts dans tout le pays.Les présidents américain et français MM.Obama et Sarkozy et la chancelière allemande Mme Merkel "ont condamné l'usage continu et sans discernement de la violence contre le peuple" et sont d'accord pour envisager des "mesures additionnelles" contre Damas.

Selon les organisations des droits de l'Homme, il y a eu au moins 22 morts dans tout le pays.

Les présidents américain et français MM.Obama et Sarkozy et la chancelière allemande Mme Merkel "ont condamné l'usage continu et sans discernement de la violence contre le peuple" et sont d'accord pour envisager des "mesures additionnelles" contre Damas.

A leur tour, les monarchies du Golfe ont exhorté samedi la Syrie à mettre fin à l'"effusion de sang" et à entreprendre de "sérieuses réformes protégeant les droits et la dignité du peuple (syrien) et répondant à leurs aspirations", au lendemain de nouvelles manifestations contre le régime du président Al-Assad.

Le Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Koweït, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman et Qatar) a appelé Damas à mettre "fin dans l'immédiat à la violence".

Alors que la répression de la contestation par le régime du président Bachar al-Assad ne faiblit pas, les contestataires syriens ont lancé, comme tous les vendredis, sur la page Facebook Syrian Revolution 2011 un appel à la mobilisation avec pour slogan: "Dieu est avec nous. Et vous ?" Durant le mois sacré de jeûne "chaque jour est un vendredi", ont-ils précisé.

Selon Abdel Karim Rihaoui, président de la Ligue syrienne des droits de l'Homme, "30.000 manifestants (ont défilé) à Deir Ezzor (est), et des milliers d'autres à Deraa (sud) et Qamechli (nord-est) pour soutenir la ville de Hama (centre)".

"Plus de 12.000 personnes (ont défilé) dans le gouvernorat d'Idleb (nord-ouest) pour réclamer la chute du régime et exprimer leur soutien à Hama et Deir Ezzor", a pour sa part annoncé Rami Abdel Rahmane, président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

Hama, ville martyre
Les défilés étaient également dédiés à Hama, ville rebelle où l'armée a lancé le 31 juillet une vaste offensive qui a fait plus de 140 morts. Les chars syriens ont bombardé la ville vendredi pour le 6e jour consécutif. La cité martyre était toujours isolée, les autorités ayant coupé les moyens de communication pour combattre les "bandes terroristes armées" à qui elles attribuent les troubles depuis le début, mi-mars.

Hama est le théâtre d'immenses manifestations contre le pouvoir ces dernières semaines. Cette ville était déjà un symbole de la lutte contre le régime depuis la répression en 1982 d'une révolte des Frères musulmans, qui avait fait 20.000 morts.

Les médias gouvernementaux ont rapporté que des unités de l'armée tentaient de "dégager des barrages érigés par des groupes terroristes qui ont bloqué des routes et dégradé des biens publics et privés, notamment des postes de police, à l'aide d'armes diverses".

Jeudi, un habitant qui avait pu fuir la ville avait déclaré à l'AFP que "près de 30 corps de personnes tuées à la suite d'un bombardement de l'armée mercredi, ont été enterrés dans plusieurs petits jardins publics".

Selon M. Abdel Rahmane, installé en Grande-Bretagne, plus de 1.000 familles ont quitté Hama.

Le gouvernement syrien fait la sourde oreille
Damas a ignoré la déclaration adoptée mercredi soir par le Conseil de sécurité des Nations unies appelant à la fin des violences contre les civils.

Le président américain Barack Obama a consulté son homologue français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel sur la crise en Syrie et les trois dirigeants ont "condamné" l'usage de la violence par le régime, a indiqué vendredi la Maison Blanche.

En marge de ces affrontements sanglants, le président syrien Bachar al-Assad a promulgué un décret autorisant le multipartisme dans le pays, accédant ainsi à l'une des principales revendications du mouvement de contestation.

Le gouvernement syrien avait adopté fin juillet un projet de loi en ce sens, dans un pays tenu par le parti Baas depuis 1963, mais ce décret permet de rendre la mesure applicable immédiatement, sans attendre un vote du Parlement.

Le geste n'a pas convaincu. Interrogé sur France Info, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a estimé que la promulgation du test était "presqu'une provocation" dans le contexte des violences contre les civils.

Le ministre n'a, par ailleurs, pas exclu que la France demande au Conseil de sécurité de l'ONU d'aller "plus loin" que la simple déclaration adoptée mercredi condamnant la répression des manifestations, "si rien ne change côté syrien".

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a accusé jeudi le régime du président syrien d'avoir provoqué la mort de plus de 2.000 personnes depuis le début de la répression des manifestations pacifiques il y a 5 mois.

Cinq mois de répression à l'abri des médias

Depuis la mi-mars, la répression a déjà fait 1.600 morts parmi la population civile syrienne, selon les chiffres de l'opposition et des organisations des droits de l'Homme.

Le discours du gouvernement est tout autre. Des gangs "terroristes armés" sont accusés de semer le trouble. La télévision officielle a diffusé des images de corps jetés d'un pont dans une rivière, affirmant qu'il s'agissait de ceux de membres des forces de sécurité tués par des manifestants.

Les assertions des deux camps sont difficiles à vérifier car Damas a expulsé la plupart des médias indépendants de son territoire.

"L'appareil de sécurité pense qu'il peut en finir avec le soulèvement en s'appuyant sur l'option sécuritaire et en tuant autant de Syriens qu'il jugera nécessaire", relève un diplomate en poste dans la capitale syrienne.

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