Démission du Premier ministre palestinien

Salam Fayyad, le Premier ministre palestinien, photographié ici le 25 mars 2013, est démissionnaire de son poste depuis samedi 13 avril.
Salam Fayyad, le Premier ministre palestinien, photographié ici le 25 mars 2013, est démissionnaire de son poste depuis samedi 13 avril. (ABBAS MOMANI / AFP)

Salam Fayyad a jeté l'éponge samedi, au terme d'un bras de fer politique engagé avec le parti du président Mahmoud Abbas.

Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a présenté sa démission, samedi 13 avril, au terme d'un bras de fer avec le Fatah du président Mahmoud Abbas. La semaine dernière, le Conseil révolutionnaire du mouvement nationaliste avait fustigé "la politique du gouvernement palestinien empreinte d'improvisation et de confusion sur de nombreux sujets financiers et économiques." A l'origine de cette décision, se trouve un vif différend, entre le Premier ministre et le président, sur la démission du ministre des Finances, selon l'agence officielle Wafa. 

Mais Fayyad, économiste indépendant très critiqué par le Fatah, reste chargé d'expédier les affaires courantes en attendant la formation du nouveau gouvernement. A Gaza, le Hamas, maître du territoire depuis 2007, date de la nomination de Salam Fayyad, a attribué cette démission à des "divergences internes au Fatah" : "Fayyad quitte le gouvernement après avoir criblé notre peuple de dettes, et le Fatah doit en assumer la responsabilité parce que c'est lui qui l'a imposé depuis le début", a déclaré Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas.

Le processus de paix compromis ?

Les dirigeants israéliens n'ont fait aucun commentaire officiel. En revanche, la Maison Blanche a rendu hommage à Salam Fayyad, qu'elle a qualifié de "partenaire fort pour la communauté internationale" et de "leader pour la promotion de la croissance économique, la constitution de l'Etat et la sécurité du peuple palestinien." 

Cette démission du Premier ministre palestinien, crédité par la communauté internationale de l'édification d'institutions capables de porter un Etat, risque de compromettre l'entente avec les responsables israéliens et palestiniens annoncée cette semaine par John Kerry. Le secrétaire d'Etat américain a écarté mardi une reprise rapide des négociations de paix, au terme d'une visite de trois jours en Israël et dans les Territoires palestiniens, insistant sur la nécessité d'un travail de fond pour qu'elles aient une chance d'aboutir.