Après avoir été votée par l'Assemblée mardi, la prolongation de l'intervention française en Libye l'a été par le Sénat

Des rebelles se rassemblent à l\'est des montagnes Nafusah à l\'ouest de la Libye.
Des rebelles se rassemblent à l'est des montagnes Nafusah à l'ouest de la Libye. (AFP-Marco Longari)

En vertu de l'article 35 de la Constitution, la prolongation de l'intervention, débutée le 19 mars mars, doit être sanctionnée par un vote du parlement quatre mois après le début des opérations.La consultation du Parlement est rendue obligatoire par la réforme constitutionnelle de 2008.

En vertu de l'article 35 de la Constitution, la prolongation de l'intervention, débutée le 19 mars mars, doit être sanctionnée par un vote du parlement quatre mois après le début des opérations.

La consultation du Parlement est rendue obligatoire par la réforme constitutionnelle de 2008.

L'UMP et le Parti socialiste considèrent l'opération contre les forces du colonel Kadhafi légitime, dans le cadre de la résolution 1973 de l'ONU. Mais une solution politique en Libye est plus que jamais indispensable et elle commence à prendre forme", a toutefois déclaré le Premier ministre François Fillon devant les députés mardi après-midi.

Après les députés (le vote avait été acquis par 482 voix UMP et PS, contre 27), les sénateurs ont voté mardi dans la soirée en faveur de la prolongation des opérations: 311 sénateurs (UMP et PS) se sont prononcés pour, 24 contre, notamment les élus communistes.

Les députés PCF avaient jugé mercredi dans un communiqué que "l'enlisement est patent" et que "les bombardements n'ont jamais instauré la démocratie".

Droite et gauche demandent que les conditions d'une issue politique pour mettre fin à la crise libyenne soient dégagées rapidement.

Le doute

Quand l"intervention de l"Otan a commencé, il y a quatre mois, les forces de l"Otan estimaient que le conflit cesserait avec le départ de Kadhafi. Aujourd"hui, le dirigeant libyen s"accroche encore au pouvoir et le doute s"installe.

« Non seulement les insurgés ne paraissent pas capables de prendre rapidement Tripoli, mais leur capacité à organiser un après Kadhafi pacifique et démocratique n"est pas démontrée. Une solution négociée entre les différentes tribus, les insurgés, et le clan Kadhafi, dans une grande conférence nationale, constituerait sans doute la meilleure issue », a expliqué Alain Juppé sur France Info.

Le ministre envisage clairement une négociation, « pas directement avec Tripoli » mais une négociation tout de même. La communauté internationale a des contacts affirmant que « Kadhafi est prêt à partir », selon Alain Juppé.

Les insurgés y croient toujours

Le vote du Parlement français ne décourage pas les insurgés. "Les Français nous soutiennent depuis le premier jour, ils ne vont pas nous laisser tomber à quelques mètres du but", assène Wael Cheber, commandant d'un groupe de rebelles sur la ligne de front à Goualich.

Les rebelles de cette région, qui ont commencé leur offensive la semaine dernière, savent que sans les frappes de l'Otan, jamais ils n'auraient pu avancer. Et alors qu'ils se préparent aux batailles décisives pour arracher deux verrous stratégiques permettant d'encercler Tripoli, ils s'attendent plutôt à un nouveau coup de pouce.

Les "combattants de la liberté" espèrent que la France va faire plus encore, insister pour que les frappes de l'Alliance atlantique soient plus intenses dans leur région. Ils espèrent que l"envoie d"armes se poursuive.

Alors que Nicolas Sarkozy a annoncé le retrait de 1 000 soldats en Afghanistan, ce vote à l"Assemblée pourrait, malgré les pronostics, réserver quelques mauvaises surprises aux rebelles libyens.

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