PRIX BAYEUX. Retour sur la mythologie du photojournalisme

Couverture du livre de Patrick Mahé et Didier Raynaud.
Couverture du livre de Patrick Mahé et Didier Raynaud. (Editions du Chêne)

Ils sont tous là, Capa, Caron, Burrows ou Ochlik... pour les plus connus. Ils ont tous enrichi la mémoire du monde par leur clichés. Ils ont connu des sorts tragiques. Un livre retrace leurs vies en évoquant aussi les portraits de photographes moins connus comme Sha Fei (la longue marche de Mao) ou Tina Modotti, la muse devenue portraitiste de la misère au Mexique.

Patrick Mahé et Didier Rapaud ont regroupé dans leur livre Les héros du photojournalisme les clichés les plus célèbres d'une vingtaine de photographes au destin tragique. Les photos qui ont marqué nos mémoires : le combattant de la guerre d'Espagne de Capa, le blessé de la guerre du Vietnam de Burrows («ma préférée», nous dit Didier Rapaud), la course poursuite en Mai 68 de Gilles Caron...
Mais aussi des clichés moins connus, comme ceux de Sean Flynn, le fils d'Errol, ou de Pedrazzini, qui trouva la mort à Budapest en 1956.

En près de 200 pages et quelque 150 photos, les auteurs retracent quasiment un siècle d'histoire en images, puisque les premières photos du livre remontent à la guerre de 14 et les dernières à celles, actuelles, de Syrie ou Libye. Cependant, l'objet du livre est d'aller plus loin puisqu'il se glisse derrière l'objectif en racontant la vie de ces photographes. La vie et la mort.


On y retrouve Capa et la guerre d'Espagne, mort sur une mine en Indochine; Larry Burrows et ses extraordinaires clichés de la guerre du Vietnam, disparu dans la chute de son hélicoptère au Laos lors d'une opération contre la piste Hô Chi Minh ou encore Michel Laurent, prix Pulitzer français, qui fut le dernier journaliste tué au Vietnam.

«Au-delà des classiques du photojournalisme, j'ai voulu évoquer des destinées, enrichir la mythologie du métier», raconte Didier Rapaud, l'un des deux auteurs du livre, ancien rédacteur en chef de Paris Match.

Connaît-on ainsi les magnifiques images de Tina Modotti ? Née en Italie à la fin du XIXe siècle, venue avec ses parents en Californie avant la Première guerre mondiale, elle est d'abord muse et modèle – magnifique nu – d'Edward Weston. Puis elle devient photographe, militante révolutionnaire (proche de la peintre Frida Kahlo), avant de mourir dans des conditions curieuses. 

Capa disait toujours : «Si vos photos ne sont pas assez bonnes, c'est que vous n'êtes pas assez près». Beaucoup sont morts pour avoir suivi cette règle du photojournalisme.  

Les héros du photojournalisme
Editions du Chêne
35 euros

(Pour ceux que le photojournalisme intéresse, on peut aussi noter la sortie de 40 ans de photojournalisme, Le livre blanc des agences, de Michel Setboun et Marie Cousin qui retrace la légende des photographes qui ont fait vivre les agences de presse (Ed. La Martinière.)

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