Prise d'otages en Algérie : pourquoi ça dure ?

(Google Earth/SIPA)

Plus de 72 heures après le début de la prise d'otage, et près de 48 heures après l'assaut de l'armée algérienne, la situation semble bloquée au complexe gazier d'In Amenas, "immense forêt de tuyaux" au milieu du désert. Ravisseurs (et peut-être otages) dedans. Forces spéciales autour. La France affirme néanmoins qu'à sa connaissance, il n'y a plus de Français otage sur place.

Alors que des rumeurs à l'aube donnaient l'intervention algérienne terminée au site gazier d'In Amenas, des tirs ont été entendus ce samedi matin. Signe que les forces spéciales algériennes sont toujours à l'oeuvre, pour tenter de dénicher les ravisseurs retranchés dans l'usine (entre sept et dix) et sauver les otages qu'ils détiendraient toujours. Vendredi, ils prétendaient en avoir sept avec eux : trois Belges (même si la Belgique indique ne rien en savoir), deux Américains, un Japonais et un Britannique. De source sécuritaire algérienne, on estime que ces derniers otages seraient une dizaine. Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a affirmé en fin de matinée qu'à la connaissance des autorités françaises, il n'y a plus de Français retenu. 

> Relire Algérie : toujours l'incertitude après deux jours d'intervention

La difficulté pour l'armée algérienne est facile à deviner quand on voit les images du site gazier, "une immense forêt de tuyaux , explique Christian Prouteau, fondateur du GIGN, où l'utilisation des armes à feu est quasi impossible compte tenu de la dangerosité du site. perforer une tuyauterie peut s'avérer dangereux. Les hommes sont donc obligés de progresser mètre carré par mètre carré ". 

Des précautions accrues

Alger qui a toujours fait de la neutralisation des terroristes sa priorité, prend aussi peut-être davantage de précautions, sous la pression internationale. L'assaut de jeudi a été très critiqué par le Japon et les Etats-Unis notamment. "Les Algériens ont annoncé que beaucoup d'otages ont été libérés, que globalement la gestion a été assez bonne. Il ne faudrait pas que dans les dernières poches de résistance, beaucoup d'otages perdent la vie , analyse Frédéric Gallois, ex-patron du GIGN. Tant mieux à la rigueur que ça prenne du temps. "

Le Conseil de sécurité de l'ONU, en condamnant la prise d'otages dans la nuit, la qualifiant d'acte "haineux ", a appelé les Etats à "coopèrer activement avec les autorités algériennes ".

Un bilan toujours provisoire

En attendant, le bilan de l'assaut de jeudi reste inchangé. L'agence de presse algérienne APS, citant une source sécuritaire, évoque la mort de 12 otages et 18 ravisseurs. La France et les Etats-Unis ont confirmé dans la soirée qu'un ressortissant français et un américain faisaient partie des otages tués. APS donne en outre la libération d'une centaine d'étrangers et de 573 employés algériens. Sachant que l'on estime à 132 le nombre d'expatriés sur le site, une vingtaine manquerait à l'appel. 

 

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