Présidentielle brésilienne : Rousseff favorite malgré son bilan

(La présidente sortante Dilma Rousseff (G) et sa rivale à l'élection présidenteille, l'écologiste Marina Silva (D)© REUTERS/Ricardo Moraes)

Les électeurs brésiliens sont appelés aux urnes ce dimanche pour élire leur président(e) et leurs députés au Parlement. Les trois candidats favoris du scrutin présidentiel, la présidente sortante Dilma Rousseff, le social-démocrate Aecio Neves et l'écologiste Marina Silva, ont bataillé jusqu'au bout pour convaincre les indécis.

La présidente sortante brésilienne aborde le premier tour de l'élection présidentielle en position de force. Elle obtiendrait, selon les derniers sondages, 40,6% des intentions de vote. Dilma Rousseff, 66 ans, est candidate à un second mandat de quatre ans. L'héritière politique de l'ex-président Lula (2003-2010) a semble-t-il résisté à l'élan de popularité de son adversaire Marina Silva, 56 ans, et ce en dépit d'un bilan très contesté.

 Son prédécesseur lui avait offert un pays en état de grâce, une croissance prometteuse, des programmes sociaux ayant permis à 1/5ème de la population de sortir de l'extrême pauvreté et même une cerise sur ce gâteau avec l'organisation de la Coupe du Monde de football. Mais à l'arrivée, c'est un fiasco sportif doublé d'un naufrage financier, une économie à l'arrêt, la plus faible croissance des Bricks.Des électeurs en plein doute

La politique interventionniste de Dilma Roussef a fait bondir le salaire minimum de plus de 60% mais elle a effrayé les investisseurs. Et la présidente n'a pas su contrôler la flambée des prix, notamment celle du ticket de bus, l'étincelle des mouvements sociaux de juin 2013, où 1,5 million de personnes sont descendues dans les rues. Une grande partie des Brésiliens sont aujourd'hui en plein doute. 66% d'entre eux ne se reconnaissent dans aucun parti politique. Des Brésiliens désabusés, probablement la grande chance de Dilma Rousseff. Ses deux adversaires, Marina Silva et Aecio Neves, 54 ans et candidat du PSDB qui a gouverné le pays de 1995 à 2002, n'ont pas avec eux le parti des travailleurs, le PT, créé par Lula, cette redoutable machine politique, noyée aujourd'hui dans les scandales de corruption mais toujours parfaitement équipée pour ratisser large et convaincre les électeurs les plus indécis.