Pays-Bas : 23 bébés-éprouvettes, qui pourraient avoir le même père, réclament son ADN

Une banque de sperme à Rouen (Seine-Maritime), le 1er mars 2012.
Une banque de sperme à Rouen (Seine-Maritime), le 1er mars 2012. (BSIP / GETTY IMAGES)

Les requérants accusent un médecin spécialiste, mort début avril, d'avoir lui-même donné son sperme au lieu du donneur choisi à la banque de sperme.

Tous frères et sœurs ? Une vingtaine de Néerlandais, nés d'une fécondation in vitro à partir des années 80, ont réclamé, vendredi 12 mai, devant la justice un prélèvement de l'ADN de celui qui pourrait être leur même père biologique, l'ancien directeur d'une banque de sperme. Parents et enfants accusent ce médecin spécialiste, mort début avril, d'avoir lui-même donné son sperme au lieu du donneur choisi à la banque de sperme.

Jan Karbaat, ancien directeur de cette clinique située près de Rotterdam, aurait lui-même affirmé être le père biologique de 60 enfants nés de fécondation in vitro."C'est une question d'identité, cela aide quelqu'un à former sa personnalité", a déclaré l'avocat des familles Tim Bueters devant le tribunal civil de Rotterdam. "C'est un droit fondamental de savoir d'où l'on vient."

Des données truquées

"Il n'y a pas même le début d'une preuve que M. Karbaat a lui-même été donneur", a rétorqué Lisette de Haan, représentante légale de l'épouse du défunt, invoquant le droit au respect de la vie privée. "Pionnier dans le domaine de la fertilisation", le médecin a écrit dans son testament qu'aucun échantillon ADN ne pouvait être prélevé après sa mort, a-t-elle ajouté, ce qu'il avait déjà refusé de son vivant.

Mais des objets ont été saisis au domicile du médecin par un huissier et la police le 2 mai sur décision de justice à la demande des familles. Pour leur avocat, le prélèvement d'ADN sur un objet personnel, comme sa brosse à dents, est l'option privilégiée. Un test ADN sur un enfant légitime ou l'exhumation du corps serait également une possibilité. La juge Petra de Bruin doit rendre son jugement le 2 juin.

Fermé en 2009 pour irrégularités administratives, le centre médical, suite à de nombreuses plaintes, fait l'objet de deux enquêtes de l'inspection de la santé publique, a précisé Tim Bueters. Le médecin aurait truqué les données, dépistages et descriptions des donneurs de sperme et dépassé le nombre maximum convenu de six enfants par donneur.