Les législatives en Israël : Netanyahu favori, bousculé par sa droite

Benjamin Netanyahu et Avigdor Lieberman, son colistier pour les prochaines élections législatives.
Benjamin Netanyahu et Avigdor Lieberman, son colistier pour les prochaines élections législatives. (LIOR MIZRAHI / AFP)

Les Israéliens sont appelés le 22 janvier à élire leur parlement. Ce vote, selon les sondages, devraient conforter la droite au pouvoir. Une élection qui pourrait être marquée par l’émergence d’un nouveau parti de droite HaBayit HaYehudi («Maison juive») dirigé par Naftali Bennett.

Selon les derniers sondages, Benyamin Netanyahu (Likoud) et son allié Avigdor Lieberman (Israel Beitenou) devraient rester sans problème au pouvoir, malgré un recul dans les derniers sondages, face à une gauche quasi inexistante et un centre divisé.
 
Mais au vu des derniers chiffres, Netanyahu pourrait être contraint de tenir compte d'un parti qui semble encore plus à droite que celui d'Avigdor Liebermann, en proie à des problèmes judiciaires, avec la montée de HaBayit HaYehudi dirigé par un ancien du cabinet Netanyahu, Naftali Bennett.

Face à cette droite toute puissante, les trois partis israéliens de «centre gauche» et du centre qui cherchaient à s'unir n’ont pas abouti à un accord à deux semaines du scrutin. «Nous ne sommes malheureusement pas parvenus à un accord», a déclaré le 7 janvier 2013 l'ancienne ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, qui dirige le parti centriste Hatenuah, après une réunion la veille avec des responsables du Parti travailliste et de Yesh Atid, autre parti du centre.

Naftali Bennett, le leader HaBayit HaYehudi, en meeting à Tel Aviv en décembre 2012.
Naftali Bennett, le leader HaBayit HaYehudi, en meeting à Tel Aviv en décembre 2012. (JACK GUEZ / AFP)

La montée de Naftali Benett
Malgré la présence de la droite au pouvoir, ce n’est pas un parti ou un homme de gauche qui menacent la suprématie de la coalition gouvernementale, mais Nafatli Benett, qui pourrait faire de son parti, classé très à droite, la 2e ou 3e formation politique israélienne aux prochaines législatives, selon les derniers sondages. «Maison juive» pourrait passer en effet de 3 à 14 élus.
 
«Nouveau venu en politique, sa radicalité, notamment sur la question palestinienne, qui n'a pas encore été éprouvée par l'exercice des responsabilités, lui permet de siphonner une partie de l'électorat potentiel de la coalition gouvernementale, composée par le Likoud de Benyamin Netanyahu et d'Israel Beitenou d'Avigdor Lieberman», remarque l’ancien correspondant du Monde en Israël, Gilles Paris sur son blog.

Naftali Bennet, 40 ans, a fait fortune dans l’informatique, secteur puissant et dynamique en Israël, et a été bras droit de Benyamin Netanyahu, avant de s’en écarter. Il a aussi été le dirigeant de 2010 à 2012 des représentants des colons.

Le recul relatif de Netanyahu est sans doute lié à sa gestion au pouvoir. Beaucoup d'Israéliens de droite lui reproche de n'avoir pu empêcher le vote de l'ONU en faveur de la Palestine. Sa gestion de la dernière guerre à Gaza a aussi été critiquée.

La montée de M.Bennett peut également s’expliquer par le poids des Russes dans l’alliance Likoud-Israel Beitenou. Les personnes venant de Russie (ou d'ex-URSS) representeraient quasiment 15% de la population israélienne. «Les trois quarts d'entre eux votent pour le Likoud et Israel Beitenou, deux partis associés dans la coalition électorale dominante, fortement marquée à droite», rappelle Laurent Zecchini, l’actuel correspondant du Monde à Jérusalem. Un poids qui inciterait d'autres Israéliens non-russes à se reporter sur d'autres partis.

Annexion de la Cisjordanie
Sur la question palestinienne, l’étoile montante de la politique israélienne ne fait pas dans le détail. «Il n’y aura pas d’Etat palestinien dans le petit pays d’Israël», a-t-il affirmé dans une interview au Guardian, estimant de plus que les Israéliens «se moquent de cette question». Ce libéral en économie propose même l’annexion de la zone C de la Cisjordanie (60% de ce territoire). Quant à la population palestinienne de cette zone, il lui propose de soit devenir israélienne, soit de déménager dans les 40% de la Cisjordanie restante.

Dans le débat électoral, l'annexion de la Cisjordanie est aussi un thème discuté par le parti de Benjamin Netanyahu qui a droitisé son discours. «Notre droit historique sur cette région doit être concrétisé par l'application de la loi israélienne sur la Judée-Samarie (Cisjordanie, NDLR)», a ainsi plaidé l'actuel député Yariv Levin (Likoud) lors d'une réunion à Jérusalem.

Le système électoral israélien
La Knesset est composée de 120 députés, élus pour un mandat de quatre ans. Elle peut être dissoute par le président de l'Etat, à la demande du Premier ministre.

Le mode d'élection de la Knesset est un scrutin de liste proportionnel, se déroulant en une seule circonscription constituée par le territoire israélien. Pour qu'un parti obtienne au moins un siège, il faut qu'il ait atteint une proportion minimum de voix. Ce seuil était de 1,5% en 2003 et a été relevé à 2% en 2006.

Ce système entraîne une multiplication des partis et une grande dispersion des voix, nécessitant des alliances ou des coalitions parfois peu efficaces. 34 partis sont enregistrés pour l'élection du 22 janvier.

Ainsi, dans la Knesset 2006-2009, douze partis étaient représentés sur les 31 qui s’étaient présentés.

La Knesset, l\'Assemblée nationale israélienne, lors d\'un hommage à Itzhak Rabin, en 2011.
La Knesset, l'Assemblée nationale israélienne, lors d'un hommage à Itzhak Rabin, en 2011. (GALI TIBBON / AFP)

 

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