VIDEO. Déchets : Gaza passe aux normes internationales

Le site de Foukhari, au sud de la bande de Gaza
Le site de Foukhari, au sud de la bande de Gaza (ETIENNE MONIN / RADIO FRANCE)

Un important centre d'enfouissement des déchets est mis en service lundi à Gaza. Le site de Foukhari va faire passer toute une partie de la bande de Gaza aux normes internationales en la matière, malgré le blocus israélien et les querelles politiques inter-palestiniennes.

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L’enjeu est énorme. Dans la bande de Gaza, jusqu'à présent, ce sont des carrioles tirées par des ânes qui ramassent les sacs déposés devant les maisons. Le nouveau centre d'enfouissement de déchets mis en service lundi 15 juillet va transformer les choses : le site de Foukhari va d’un coup faire passer la moitié du territoire palestinien aux normes internationales en matière de traitement des déchets.

"J’ai travaillé pendant presque 17 ans ici, raconte Adham Al Najjar, l'un des 17 chiffonniers de l'ancienne décharge de Foukhari. Je récupérais la ferraille, le plomb, le plastique. Tout ce qui était récupérable." Quand elle a fermé, l'homme a profité d’un programme de reconversion piloté par l’ONU. Il est devenu commerçant. "Vous savez, parfois ça me manque cet endroit. Ça a bien changé par rapport à l’époque où j’étais là." À Gaza, les décharges sont habituellement saturées, l’environnement est menacé. Plus de 900 000 personnes sont concernées, soit presque la moitié de la population.

Grand comme 12 terrains de football

Le nouveau centre d'enfouissement est grand comme 12 terrains de football, profond par endroits de 20 mètres. Il est totalement hermétique. Il va recevoir les déchets de presque la moitié de la bande de Gaza. C’est un bond en avant, estime Ali Bahroum, qui pilote la structure intercommunale de traitement des déchets : "La situation a complètement changé. On a des infrastructures. On a le site d’enfouissement. On a le transport. On a des routes d’accès en bon état. C’est prêt."

ETIENNE MONIN / RADIO FRANCE

Le projet a été amorcé il y a sept ans. Il a dû passer une série d’obstacles et de multiples contraintes, liées au blocus israélien. Nicolas Gury, de l'Agence française de développement à Jérusalem, les détaille : "D’abord il a fallu attendre le permis israélien pour construire cette infrastructure. Ensuite il a fallu faire un design du projet qui puisse correspondre aux exigences des autorités israéliennes. Elles ne voulaient pas que l’édifice de déchets dépasse les vingt mètres. Du coup il a fallu creuser un trou énorme de plus de 1,5 million de m3 pour pouvoir permettre aux populations de Gaza de stocker leurs déchets pendant une dizaine d’années."

Il a aussi fallu éviter les conflits politiques locaux entre le Fatah, le Hamas et l'Autorité palestinienne. Le projet a coûté au total autour de 20 millions d'euros, apportés pour moitié par l'Agence française de développement.

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