Pakistan : journée d'élections sur fond d'attentats

(Mian Khursheed Reuters)

Les talibans avaient promis des attentats, estimant que le scrutin est organisé par des "infidèles". Ils ont mis leurs menaces à exécution : plusieurs attentats se sont produits, dont l'un à karachi a fait au moins 11 morts. La menace terroriste ne semble pas décourager les électeurs, qui se pressent en masse pour voter.

Journée sous très haute tension au Pakistan. Quelque 86 millions d'électeurs sont appelés aux urnes, pour des élections législatives présentées comme historiques - elles vont permettre à un gouvernement civil de passer la main à un autre, après avoir terminé son mandat de cinq ans, et après de nombreux coups d'Etat...

Sauf que les talibans ont prévenu qu'ils ne laisseraient pas faire. Le scrutin est jugé par eux "non islamique" et organisé par des "infidèles" .

Trois explosions

Deux heures après l'ouverture des bureaux de vote, ils ont visé un candidat laïque de l'Awami National Party qui circulait en voiture entre un bureau de vote et un bureau de son parti, à Karachi. L'explosion a fait au moins 11 morts et 23 blessés. L'attaque a été revendiquée par les islamistes du Mouvement des talibans du Pakistan, le principal mouvement rebelle du pays.

On parle aussi d'un échange de tirs, dans la province du Baloutchistan, qui a fait six morts.

A l'autre bout du pays, à Pashawar, au moins huit personnes ont été blessées par l'explosion d'une bombe, devant un bureau de vote pour femmes. 

Une troisième bombe a ensuite explosé à Mardan, près de Peshawar, blessant quatre personnes.

30% de participation à la mi-journée

La menace terroriste n'a pas découragé les électeurs. Si le précédent scrutin, en 2008, avait culminé à 44% de participation, aujourd'hui la participation s'élevait déjà, à la mi-journée, à 30%, selon la commission électorale. "Nous nous attendons à un taux final de près de 60%" , pronostique déjà un haut responsable.

Compte-tenu de l'affluence, la commission électorale a décidé de prolonger le scrutin d'au moins une heure. Et même de trois heures à Karachi, où le vote avait commencé avec retard dans la matinée.

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